Actes NIII et IX
5. Certains écrivains catholiques inclinent naturellement à voir dans ce xa éteA6@v éropetôn els Étepov vônov, une indication voilée du départ de Pierre pour Rome; par exemple Allard, Hist. des perséc., L°, p.16, et Marucchi, Archéol., I, p. 11. Le principal appui de leur hypothèse se trouve dans la fréquence, sur les sarcophages chrétiens de Rome, de la représentation de Pierre arrêté ou emprisonné; cette fréquence ne s’expliquerait que par une tradition romaine qui établit, en effet, un rapport entre l’emprisonnement de l’Apôtre, sa délivrance et son départ pour Rome. Il faudrait, pour donner quelque solidité à un tel appui, prouver que la figuration de l’emprisonnement sur les sarcophages est bien en rapport avec la tradition en question; en second lieu, que celle-ci est ancienne et ne représente pas tout simplement une liaison artificielle, toute de raisonnement et très tardive, entre le passage des Actes qui nous donne le dernier renseignement à peu près digne de foi sur: Pierre et les traditions relatives à son séjour à Rome. Les sarcophages dont on tire argument ne sont pas antérieurs à l'époque
ne s'intéresse plus aux missions de l’Apôtre!. Il revient toutefois à Jérusalem, puisque nous l’y retrouvons un peu plus tard?; puis il se rend à Antioche”; enfin les Actes ne le nomment pas parmi les frères qui reçoivent Paul dans Jérusalem à la veille de son arrestation ‘. [l y aurait peut-être imprudence à conclure de ce silence que Pierre se trouvait alors absent de la ville, car toute la fin des Actes repose suc une tradition paulinienne et concentre l'attention sur Paul ; en tout cas, nous ne savons pas où se trouvait Pierre à ce moment-là. Il est malaisé de chercher à le deviner, parce que, de bonne heure, les légendes ont pris la place des faits que personne ne connaissait plus et qu'il n’est pas d'ordinaire facile de se prononcer avec certitude sur le fonds d’une légende.
En s’appuyant sur la suscription de la 7 Petri, adressée « aux élus étrangers » (éxAexrois mapemdrmors) dispersés dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, V’Asie et la Bithynie, on a, dès l’antiquité‘, pensé
constantinienne, au plus tôt; et c’est le temps où commencent à lever les légendes pétriniennes et pauliniennes qui s’épanouissent à l’époque ostrogothique. L'hypothèse d’Allard et de Maracchi paraît donc n'être qu’une réédition d’un vieux raccord entre des légendes; il n’y a pas lieu de s’y arrêter davantage.
4. Harnack, Mission?, I, p.54, n.4: Warum, ist nicht recht klar.