Eus., HE., IV
sidère l’épiscopat de Jérusalem comme une fonction particulière de l'Église universelle, au-dessus de laquelle continue de planer l’autorité souveraine du Prince des Apôtres. Gelui-ci réserve évidemment son héritage pour Rome, où l’ordre du plan divin doit l'appeler et le fixer; en tout cas, il ne veut être à Jérusalem qu’un Apôtre de passage et non un chef sédentaire, Au vrai, toutes ces explications restent en l'air et un seul fait semble assuré, c’est que Jacques a joui dans l’Église de la ville d’une autorité personnelle peut-être supérieure et à tout le moins égale à celle de Pierre!.
Nous lisons en S. Jérôme? que l'Apôtre fut, à ce qu’on raconte, le premier évêque d’Antioche et que, de là, il partit pour Rome. On racontait cela depuis longtemps, en effet; dès le courant du n° siècle, on avait commencé et on avait continué au 1v°°. Plus tard, on prétendit même savoir combien d'années Pierre avait passées dans la ville ; onze, selon Nicéphore et sept, suivant Grégoire le Grand. Ni ces pseudo-précisions, ni rien de cette histoire d'un épiscopat de Pierre à Antioche ne méritent beaucoup de
4. Il est pourtant probable que Pierre a passé une grande partie de sa vie d’apôtre à Jérusalem, ou en Syrie, ses tournées le ramenant toujours dans la Ville Sainte. — Hoennicke, Judenchristentum, p. 97.