‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 71 sur 221 · Van Manen, Rome (Church · texte numérisé non relu

Van Manen, Rome (Church

2, Suét., Claud., 25 : impulsore Chresto assidue tumultuantes.

venir. Le texte de Suétone nous met en présence d'événements dont les épîtres pauliniennes nous rendent l'intelligence aisée : la prédication de l’Évangile, portée dans les synagogues juives, y provoque des sentiments variés, des controverses acharnées et des bagarres plus ou moins graves. Il y a donc lieu de penser que l'édit de Claude, dont nous trouvons confirmation dans les Actes!, termine cette première crise du début de la foi à Rome, que, par conséquent, il nous indique à peu près la date de ce début et, en même temps, nous permet d’entrevoir le mode de propagande adopté par les premiers ouvriers de l'Évangile dans la Ville. La date, c’est 50 ou à peu près*, le mode c’est celui que nous décrit Paul : l’Église chrétienne de Rome est sortie d’un schisme de la synagogue juive?.

4. Actes XVIII, 2 : Paul rencontre à Corinthe le Juif Aquila et sa femme Priscilla, qui arrivent d'Italie Ga To ôtateroayévat KAañôtov xwpléeo@ar navras toùs ’Ioudaious md ‘Pouns. Cf. aussi Dion Cass., LX, 6.

2. Renan donne 51; Aubé, 49; Schürer, 49; Allard, 49-50; Duchesne, 54 ou 52; Turmel se montre sage en disant « vers 50. » Langen, GRK., I, p. 25, juge vraisemblable de placer les débuts du christianisme à Rome sous Tibère; on peut partager son avis, à condition d'entendre par die erste Kunde von der neuen Sekte, des convertis isolés. La propagande chrétienne, à s’en tenir aux textes, ne fut pour rien dans les mesures de Tibère contre les Juifs de Rome (Schürer, G. d. jiüdisch. Volkes, Il{*, p. 30 et ss.}s il n’en va certainement pas de mème sous Claude; c’est pourquoi je pense que la fondation de la vraie communauté romaine et la propagande réellement active datent de son temps.

3. C'est, en somme, l'opinion de Langen, GRK., I, p. 19, de Weizsäcker, AZ.', p. 420, de Von Dobschütz, Probleme, p. 89; Duchesne, HA., I, p. 55 et ss., s’y rallie pleinement, ainsi que Turmel, Hist. du dogme, p. 1ctss.

Il reste à savoir par qui ce schisme a été provoqué. S. Pierre ne comptait-il pas parmi les agitateurs et les expulsés de lan 50? Certains le soutiennent encore, mais avant d'accepter leur dire, il faudrait expliquer l’inexplicable silence de Paul dans son Épttre aux Romains. Ce n’est pas une bonne raison que de prétendre que Pierre n’y est point nommé parce qu'il se trouve, à ce moment-là, en 58, absent de la Ville : Paul parle en Apôtre à une Église fondée par un autre Apôtre; peut-il avoir l'air d'ignorer l'œuvre de Pierre? C’est impossible, ou bien faut-il supposer qu'il subsiste entre eux deux une telle brouille que Paul ne veut plus entendre parler de son rival? Mais c’est là une conjecture gratuite et que, en tout cas, n'accepteraient pas, j'imagine, les partisans de la présence de Pierre à Rome en 50. Il faudrait encore, pour les suivre, réduire à néant un texte, d’assez basse époque, il est vrai, mais qui exprime d'une manière très claire l'opinion à laquelle nous conduit l'examen des divers témoignages et qui, d’ailleurs, semble être la mise en forme d’une petite étude de Ja question : dans!’ Ambrosiaster*,on lit qu'aux temps apostoliques ceux des Juifs, habitant Rome, qui crurent, transmirent la loi du Christ aux Romains, lesquels eurent d'autant plus de mérite à l’accepter,

4. L'Ambrosiaster est un commentaire des Épitres de 8. Paul, qui date du temps de Damase (266-385); on Ya jadis rattaché aux cuvrages de 8. Ambroise, d'où son nors; il peut étre l'œuvre d’un certain Decimus Hilarianus Hilarius, Cf. Souter, À Study of Ambrosiaster, Cambridge, University Press, 1905, in-8 (Coll Text and Studies).

sous la forme judéo-chrétienne qu’on leur offrait, qu'il ne leur fut donné de voir aucune vertu extraordinaire ni aucun des Apôtres!.

IV. Maintenant où ces Juifs inconnus avaient:ils puisé leur foi? Nous l’ignorons et l’ignorerons probablement toujours. On s’est demandé si ce ne serait pas, par hasard, dans la conviction de quelques-uns de ces pèlerins gagnés par Pierre, le jour de la Pentecôte, et dont les Actes II, 10, nous disent que certains sont Romains; où s’il n’y faudrait pas reconnaître des soldats de la cohorte de Césarée, ‘où commandait le centurion Corneille et qui appartenait à la légion italique. Simples suppositions en Pair, plus ou moins vraïisemblables, et dont on pourrait allonger la liste avec un peu d’imagination?; aucune ne nous rend compte de l’agitation dont les synagogues romaines sont le théâtre en 50; s’il s’agit seulement d'expliquer comment la foi a pu passer la mer, elles sont inutiles, carilexistait, en ce temps-là, un mouvement de voyageurs fort actif entre l'Orient et Rome, un échange constant de messagers et de pèlerins entre le Temple et la Ville’. S'il me fallait

4. Ambrosiaster, 1x Rom., Prol. (PL., t. XVII, col. 45); Constat itaque temporibus apostolorum Judæos, propterea quod sub regno romano agerent, Romæ habitasse…, et quibus hi qui crediderant, tradiderunt Romanis ut Christum profitentes, legem servoarent. Romanis autem irasci non debuit sed et laudare fidem illorum quia nulla insignia virtutum videntes nec aliquem apostolorum, susceperunt fidem Christi, ritu licet judaïco.

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