‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 83 sur 221 · Ropes, The apost. age, p · texte numérisé non relu

Ropes, The apost. age, p

3. Dans le plus récent article que je connaisse sur la question, ap. Murray's illustrated Bible Dictionary, p. 676, je lis encore : The style and the language, which are among the bestinN.T., are incompatible with the Petrine anthorship.

meilleure ; or, s’il n’est pas impossible que Pierre ait su le grec, celui qui se parlait, semble-t-il, assez couramment sur les deux rives de la mer de Galilée!, les Actes nous disent que sa culture était nulle?. On a encore remarqué que, dans la Z Petri, l'Ancien Testament était cité d'après la Septante; il faudrait supposer que Pierre füt devenu encore plus grec que ne le pense M. Harnack pour accepter qu’il ait lu, qu'on lui ait lu et qu’il ait cité Écriture d’après la traduction alexandrine. Il n’est donc pas possible de le considérer comme l’auteur véritable de la lettre. On lit, il est vrai, en V, 12: « C’est par Silvanus votre frère fidèle, j'en suis persuadé, que je vous ai écrit ces quelqueslignes *; » ce qui peus'entendre, évidemment, d’un simple scribe écrivant sous la dictée, mais aussi d'un secrétaire auquel on indique la pensée et qui reste maître de la forme ; à la rigueur encore, d’un traducteur qui aurait mis en grec l’araméen de Pierre ; et, dans les deux derniers cas, l’objection tirée du style et de la langue tomberait‘. Mais aussi ce Silvanus pourrait bien n'être que le porteur de la lettre; d’abord parce que les Actes XV, 23 nous offrent un exemple de l'emploi du mot ys2bavres (éerivant) appliqué à de simples messagers‘; ensuite

1. Lightfoot, S. Peter, 'p. 494: J. Monnier, La prem. lettre, Po Actes, IV, 13.

3. Arà Erlovavou Ouiv Toù motod Gôskpo, &ç Aoyilonat, Gt AY» Éypæba.

4. Monnier, La prem. lettre, p. 318: B. Weiss, Der erste Petrusb, p. 46 ets.

5. « Et alors il parut bon aux Apôtres et aux anciens, avee toute

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parce que les mots « votre frère fidèle, j'en suis persuadé, » s'appliquent mal à un secrétaire particulier, que l’on connaît assez pour en répondre et qui n’a pas besoin d’un tel témoignage; ils s'appliquent, au contraire, fort bien à un porteur en qui l’on a confiance, mais qui peut avoir besoin qu'on le dise. Si nous n'acceptons pas que Silvanus ait été le truchement de Pierre, l'authenticité de l’épitre est :ndéfendable.

Mais quel est ce Silvanus? Ne faut-il pas l'identifier au compagnon de Paul dont le nom se trouve en 1 Thess. I, 1, en II Thess. I, 1, en II Cor. I, 19? La question a été longuement discutée, comme aussi celle de Fidentification de Silvanus le paulinien avec le Silas, qui paraît dans les Actes XV, 22; XVII, 5, sans que, naturellement, Faccord se soit fait‘. Cependant, il semble qu’on puisse dire que, selon toute probabilité, il s’agit dans la Z Petri du méme Silvaaus que dans les épitres pauliniennes’; comment donc ce fidèle de l'Apôtre des Gentils se montre-t-il VÉglise de choisir quelques hommes d’entre eux, et de les envoyer à Anfioche avec Paul et Barnabé. Jud:. surnommé Barsabas et Silas,

primespaux d'entre les frères, en écrivant par eux en ces termes » frotbarce à yaiçèc airs) : Il ne parait guëre possible de croire que e# sont ces délégués de l'Église de Jérusalem qui rédigent la lettre.

4 C£ Schmiedel, Silas-Siloanus, ap. Enc. bibl., IV, col 4544 et ss, qui examine la question sous toutes ses faces ; il y en a beaucoup : Zahn, Eïnleit., 1,p. 148: Weiszäcker, AZ!, p. 256, le premier favorable à lidentifieatios Silvanus-Silas, le second opposé.

2 G- Miligan, St Paufs Epistles to the Thessalonians. Londres, 1908, 8, p. 3; Murray s illustr. Bible Dic., art Siülas: Fidentité de Silas et de Silvanus is doabtful, but the probabilities are in fasoar of the identitr.

LA ROETTS ET.

tout à coup sous les traits d’un confident de Pierre? La chose s’expliquerait très naturellement si l’on pouvait supposer que Paul est déjà mort ; à ce moment-là : Pierre aurait rassemblé autour de lui, pour continuer l’œuvre commune, les collaborateurs les plus dévoués de l’Apôtre disparu ; mais nous retombons dans la mêmeimpossibilité : la Z Petrine souffle mot dela mort de Paul. Pourtantc’est par la présence, auprès du Prince des Apôtres, de ce paulinien de marque, Juif hellénisant et cultivé, et en supposant qu’il a contribué non pas seulement à la transcription ou à la traduction, mais à la rédaction de l’épitre, qu’on explique le moins mal? l'influence paulinienne que celle-ci a certainement subie, et qui se manifeste à la simple lectures. J'ai déjà dit plusieurs fois qu’il ne fallait pas exagérer la portée du différend d’Antioche, car il se peut qu'il n’ait marqué entre les deux Apôtres qu’un désaccord momentané et que Pierre se soit, par la force même des choses, rallié de plus en plus complètement aux idées de Paul sur l'entrée des Gentils dans la foi; est-il pourtant possible de croire, en présence des méfiances qui se devinent encore dans certaines Églises à l'égard de Paul, de son vivant‘, etlongtemps après sa mort’, que l’Apôtre de la circoncision se soit

1. Hoennicke, Judenchristentum, p. 114 : Sileanus aber stand mit Paulus in Verbindung, von seinen Beziehungen su Petrus wissen wir sonst nichts.

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