S. Reinach, art. cité
comme la ZI Petri, serait sortie d’une rivalité entre la communauté chrétienne de Babylone et celle d'Alexandrie ; la première, écrasée par le grand nom de Marc, « interprète » de Pierre, aurait prétendu, pour rehausser son propre prestige, que l’Apôtre luimême l’avait visitée ; la Z Petri serait un faux, perpétré pour appuyer cette prétention. L’argumentation sur laquelle repose cette hypothèse, et dont son auteur n’a donné jusqu'ici qu’une esquisse, paraît s'appuyer surtout sur les relations étroites et universellement admises par les critiques indépendants, entre la ZI Petri, l'Évangile et l’Apocalypse de Pierre‘; ces deux derniers écrits, découverts, d’ailleurs, en Égypte, sont sûrement d'origine égyptienne?, la ZZ Petri a donc les plus grandes chances de sortir de la même source et plusieurs notables exégètes sont en effet disposés à l’admettre*. Mais, pour que le raisonnement de M. Reinach s’achève, il faut accepter l’étroite parenté de la Z'et de la II Petri; or, sur ce point, l’accord est loin d’être fait. Les exégètes orthodoxes ou conservateurs (Zahn), qui continuent d’attribuer les deux lettres à Pierre *, n’y contredisent pas, naturellement, mais il
4. Les catholiques ont pris de l'inquiétude de ces ressemblances parce que l’Apocalypse de Pierre ne peut guère être antérieure au milieu du n° siècle et ils se sont donné de la peine pour les expliquer conformément à leurs thèses, sans beaucoup de succès. Cf. Jacquier, Hist. des livres du N. T., II, p. 304ets.