‹ La primauté de Pierre et la venue de Pierre à RomeChapitre 97 sur 221 · Jacquier, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Jacquier, loc. cit., p

tentieux et plus déclamatoire; on voyait déjà clairement la différence dès le temps de S. Jérôme; le grec de la première épître est la langue commune, dite hellénistique; celui de la seconde vise, sans beaucoup de succès, à plus d'élégance, 1l cherche des ornements surtout dans l’emploi de mots qui ne sont guère usités qu’en poésie, « Il y a 599 mots non communs contre 100 qui sont communs entre ces deux épîtres. Pour exprimer les mêmes idées les termes sont différents... Les termes exprimant de

bonnes ou de mauvaises qualités sont différents!. »

Autrement dit, le vocabulaire usuel, sinon la grammaire, est aussi différent?. Une explication se présente tout de suite à l’esprit et que proposent, en effet, les partisans de l’authenticité des deux épitres, pour rendre inoffensives leurs dissemblances ; S. Pierre a changé de secrétaire entre les deux ; Le frère qui a mis en grec la ZI Petri n'écrivait pas comme Silvanus?. Sans doute; mais il resterait à expliquer comment l’Apôtre pouvait laisser tant de latitude à ceux qui tenaient la plume en son nom, que deux d’entre eux aient donné de sa pensée deux impressions si dissemblables. IL y a plus : une étude

4. Jacquier, Loc. cit., p. 299. O. Cone, Peter (The Epistles of), $ 10; Holtzmann, LENT, p.321 ets.

2. Dillenseger, L’auth. de la II* Petri, p. 193, l'avoue : « Si la langue des deux épîtres diffère, la- manière de penser et de composer est la même ». Ce dernier trait, sur lequel il serait sage de ne pas trop appuyer, ne suffit pas à prouver l'identité d'auteur pour les deux écrits.

3. Jacquier, op. cit., IX, p. 300, d’après B. Weiss, Studien und Krit. : die petrinische Frage, 1866.

attentive de la seconde épitre a conduit la plupart des exégèles indépendants à marquer un assez grand écart entre sa date de composition et celle de la première; ils croient qu’elle n’a guère pu être rédigée avant le milieu du n° siècle‘. C’est pourquoi il semble tout à fait improbable que nos deux épitres soient sorties de la même plume?. Cette conclusion, il est vrai, n’exclut pas la possibilité de leur composition à des dates différentes, dans la même officine; l’auteur de la ZT Petri peut avoir réitéré la tentative inaugurée par l’auteur de la Z Petri pour corser les titres de son Église. Malgré tout, l'hypothèse très intéressante de M. S. Reinach n’est point à l’abri des objections : d'abord, il faut avouer que l’appui qu’elle peut trouver dans les textes n’est pas très direct; en second lieu, elle ne rend pas compte des rapports dès longtemps signalés entre la Z Petri, et l’Épitre aux Hébreux. Cette dernière serait-elle donc aussi égyptienne? Ce n’est pas impossible, car on sait combien obscure reste la question de son lieu d’origine et de sa destination*. La principale raison pour la faire partir de Rome n'est-elle pas, après tout, sa

41. Jülicher, ENT, p. 189: Kaum eine These in unserm Buche ist sicherer als diese : II Pt ist wie der jüngste Bestandteil des NT's so auch der am wenigsten zur Kanonisirung geeignete. Harnack, Chron., I, p. 470 : Somit wird man die Zeit des Briefes auf c. 160 (150?) — 1795 ansetzen müssen. Von Soden, ECL., p. 476, considère notre épitre comme le premier des apocryphes pétriniens, qui se développent dans la seconde moitié du wm° siècle.

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