‹ La primauté et l'infaillibilité des souverains pontifes [microforme]Chapitre 12 sur 71 · Ily iens · texte numérisé non relu

Ily iens

ie T'erogticos te ; I.

æandre

lui-même d’une manière différente comme pensant, parlant, agissant, où comme juste, sage, toult-puissant, etc. il forme une nouvelle personnalité qu'on appelle Éon ; ces Éons à leur tour donnent naissance à d’autres Éons qui sont d'autant moins parfaits qu'ils sont plus éloignés de la source première, et constituent tous ensemble le pléroma ou la plénitude de la vie divine.

L'un de ces Éons ou démiurge, limité et subordonné, fut envoyé d’en haut pour créer, avec la matière préexistante et informe, le monde et les hommes, dont la nature était plus ou moïins spirituelle, psychique où matérielle, suivaut que le bien onu le mal prédominait eu eux. Pour expliquer comment le mal et le monde matériel pouvaient découler de l'être suprême, ils avaient recours au dualisme, et admettaient deux principes éternels, lun bon, l'autre mauvais, qui luttaient sans cesse l’un contre l’autre. Telle était la base commune à tous les systèmes gnostiques, qui se divisèrent t se subdivisèrent jusqu’à l'infini, et comp: tèrent parmi leurs principaux chefs Carpocrate, Basilide, Valentin, Saturnin, Bardesane, Tatien, Marcion, etc. Malheureusement ces systèmes fantastiques enlaçaient de toutes parts la simplicité de la foi dans les subtilités d’une fausse seience ; leurs auteurs avaient un superbe dédain pour leurs adversaires et visaient à la ruine du christianisme. Aussi les vit-on se rendre à Rome, au centre de la catholicité, et y arborer le drapeau de l'erreur : l’histoire mentionne surtout les noms de Valentin,

ts,

| | de Cerdon et de Marcion. Mais de même que saint D Pierre avait confondu leur aïeul, Simon le Magicien, | | de même les successeurs du Prince des Apôtres rem-

portèrent la victoire sur ces nouveaux magiciens Lo que l’Asie-Mineure venait de jeter sur les bords du Tibre.

jl Valentin, homme de talent et d'imagination, 1 | esprit fertile en stratagèmes de toute espi 5e, feignit à Up d’abard de professer des principes tout-à-fait chréfil tiens; son caractère flexible et aimable séduisait | l bien des âmes simples ; mais celte peau d'agneau jy recouvrait un loup dévorant qui exerçait ses ravages | au milieu du troupeau. I’Eglise Romaine, senti- | || nelle tou:ours vigilante, démasqua le traître ; ses fl artifices lurent dévoilés, ainsi que ceux de ses perji fides auxiliaires. Le Saint-Siége les condamna for- | | mellement et les anathématisa par deux fois : la pre- | mière sous le pontificat de saint Hygin, la seconde | sous celui de saint Pie (140-142). Le flot de l'erreur || | venait encore de se briser contre l'inébranlable | roc sur lequel est bâtie l'Eglise Romaine. Exclu al de la communion catholique et confus d’avoir été découvert, Valentin s'éloigna de Rome, et alla dans l'île de Chypre répandre le venin de ses funestes L doctrines. Mais la secte avait reçu son coup de | | mort, et déjà au quatrième siècle saint Grégoire de LL Nazianze n’en parle que comme d’une vieille fable. jh) il Le :nème sort alteignit les gnostiques Cerdon et ki (M son disciple Marcion; lanathème dont ils furent ; | frappés par le Saint-Siége, leur fut fatal; ils ne | | purent jamais s’en relever et s'éleignirent tranquillement.

Remarquons aussi que tous les Docteurs catholiques qui consacrèrent leur temps et leur savoir à réfuter ces erreurs, s’appuyaient toujours sur la doctrine romaine, sur la tradition, sur l’enseignement de l'Eglise de Rome.

Continuons nos investigations. Peu d'années s’écoulent, et l'Eglise de Lyon, illustrée par tant de martyrs, s'adresse au Pape saint Eleuthère pour obtenir l’ordination et la mission de saint Irénée ; elle indique aux Eglises de l’Asic-Mineure de recourir à l'autorité du saint Pontife pour mettre un terme aux progrès du montanisme ; c’est au mème ape qu'elle adresse une lettre qu'elle confie à saint frénée, et qui a pour but de mettre un frein à la diffusion de l'erreur.

C’est encore à Eleuthère que le roi breton Lucius, encore païen, s'adresse pour avoir des missionnaires. Pourquoi Hégésippe, converti du judaïsme au christianisme, se rend-il à Rome même pour y faire un catalogue exact des Papes qui s’y sont succédé depuis

aint Pierre jusqu'à Eleuthère ? Pourquoi saint [ré née fait-il aussi le dénombrement de la série non interrompue des évêques de l'Eglise Romaine, ajoutant qu'il est nécessaire que chaque Ecglise, c’est-à-dire tous les fidèles du monde, soit d'accord avec l'Eglise Romaine à cause de son incontestable prééminence, et que c’est par la communion avec elle que les fidèles de tous les pays de la terre conservent la tradition des Apôtres ?

On peut donc conclure de tous ces faits, que les successeurs de saint Pierre, les Pontifes de Rome,

RE Are

étaient en possession au milieu du second siècle d’une autorité suprême sur toute l'Eglise, qu'ils l'exerçaient dans le besoin, et que cette autorité était reconnue de tous, mème des hérétiques de celte époque.

Mais voici un autre fait historique d’une extrème importance et qui servra encore à prouver ma thèse : il s'agit de la controverse de la Pâque “ui fit ‘ant de bruit à ia fin du second siècle, qui fut réglée au Concile de Nicée, et qui cependant se répandil dans l'heptarchie bretonne, en [rlande, et y dura jusqu'au septième ou au huitième siècle. La questiun avait d’abord été agitée sous le pontificat de saint Anicet (157-168). Le vénérable évêque de Smyrne, Polycarpe, disciple de l’Apôtre saint Jean, et qui souffrit le martyre pendant la persécution de l'empereur Mar:-Aurèle, se rendit à Rome pour traiter avec ce Pape diverses questions, et entre autres celle du jour où il convient de célébrer la grande fète de Pâques. Les Eglises de l’Asie-Mineure ja célébraient le même jour que les Juifs, c’est-à-dire, le 14 du mois de Nisan, quelque jour de la semaine que ce fût : c'étaient les Quartodécimans. L'Eglise de Rome, au contraire, d'accord avec la plus grande partie de la chrétienté, la célébrait le dimanche qui suivait le 14 de ce mois. On voit de suite que pour les premières la Passion ne tombait pas toujours un vendredi, ni la Pâque un dimanche. Ilen résultait un contraste liturgique qu'on devait s’efforcer de faire disparaître. En effet, il arrivait très-souvent qu’en Asie-Mineure on chantait l’Alleluia de la

iècle u’ils orité s de

‘ème ma ii fit glée ndit justiun aint rne, qui de our itre la ure ire, ine de ide

lâque et que le jeûne du Carème était terminé, tandis que partout ailleurs l'Eglise était encore dans le deuil et la pénitence. Cependant comme il n’y avait [à qu’une question de discipline, cette divergence, considérée en elle-même, n'avait point paru assez grave dans le principe pour amener une division réelle. Aussi le Pape saint Anicet,ne pouvant gagner saint Polycarpe à son sentiment, n'avait pas rompu la communion avec lui, non plus qu'avec les Eglises d'Asie ; il lui témoigna au céntraire son estime ct sa profonde vénération, et le pria de célébrer le saint Sacrifice en sa présence.

Mais la question ne tarda pas à changer de caractère, et les souverains Pontifes ne furent pas lents à remarquer que cette dissidence liturgique constituait an grave danger pour l'unité de l'Eglise. Il y avait là, en effet, un dernier lien qui rattachait une partie des fidèles à la Synagogue : il fallait nécessairement le rompre. L'expérience de plus d’un siècle avait amplement démontré combien lopiniâtreté qu'on mettait à conserver les prescriptions c£rémonielles de la loi judaïque, avait déjà déchiré le sein de l'Eglise : en effet elle avait enfanté la secte des Ebionites et autres, et pouvait encore produire un schisme. Les saints Papes Soteret Eleuthère, successeurs d’Anicet, employèrent inutilement tous les moyens de persuasion pour ramener les chrétiens de l’Asie-Mineure à l’observance de la pratique commune. Le Pape saint Victor crut qu’il était temps de mettre un terme à toutes ces divergences liturgiques et à ces dissensions qui srandalisaient les païens.. Afin d'établir

partout une pratique uniforme, il ordonna d'assembler divers conciles provinciaux qui s’occuperaient de cette question et qui ordonneraient de fixer la célébration de la Pâque d’après la coutume «te l'Occident. L'historien Eusèbe fait mention expresse des conciles de Palestine, de Rome, du Pont, des aaules, de l'Osroëne, de Corinthe, de la Phénicie et d'Alexandrie (EL E. V, 23). Dans tous ces conciles, comme dans beaucoup d’autres qu'Eusèbe n’énu. mère pas, on décida unanimement que l’on ne devait célébrer la fête de la Résurrection que le dimanche et ne finir le jeûne quadragésimal que ce jour-là. Polycrate, évèque d’Ephèse, convoqua aussi un concile, suivant l’ordre du souverain Pontife ; mais il répondit au nom de ses collègues qu'il ne leur était pas possible de célébrer la Pâque autrement qu'ils ne l'avaient fait jusqu'alors. Il en appelait à l'antiquité de la coutume qu'on observait en Orient, coutume, dit-il, suivie par les Apôtres Jean et Philippe, par Polycarpe et autres saints personnages. Il ajoutait que sept de ses par:nts avaient été évèques d’'Ephèse avant lui et avaient observé cette coutume ; il en appelait à ses 6 ans, et bravait les menaces. Gette lettre hautaine était bien de nature à irriler le Pape ; aussi prit-il la résolution d'exclure de la communion de l'Eglise toutes les communautés chrétiennes de l’Asie-Mineure (sui- ‘ant le texte grec, | essaie de les exclure). Quel: ques évêques, et en particulier saint [rénée, évèque de Lyon, écrivirent à saint Victor, dont ils adoptaient cependant les idées, pour l’engager à réla-

seNiaient op |A e de OS:

, des nicie ciles, Penn:

evait nche ur-là.

i ui mais leur ment lait à rient, n et rsonaient servé avait n de ition s les (sui- Duel:

êque \dopréla-

4 DANS LES PREMIERS SIÈCLES. 41 ‘MER blir la paix età ne pas séparer de la communion ecclésiastique un si grand nombre d’Eglises qui ne faisaient qu'observer un ancien usage. Eusèbe 0 ajoute que saint Irénée était bien, comme son nom l'indique, destiné à ètre un homme vraiment pacifique. Le Pape, usant de déférence envers eux, se “rendit à leurs conseils de douceur, et eut la con- "0 solation de voir plusieurs Eglises abandonner la MU coutume asiatique pour adopter celle de Rome. Ses successeurs firent de mème à l'égard des récalcitrants opiniâtres. Enfin, le concile de Nicée (en 7 325) crut devoir résoudre la question d’une manière 1 définitive en faveur de la coutume romaine.

Ce démèlé démontre d’une manière bien claire | l'autorité du Pontife de Rome sur l'Eglise univer- | selle. Le judaïsme menace de se mêler au christia- Énisme ;ily a un danger pour la foi; de suite le Pape se met en devoir de l’éloigner. IL ordonne aux évêques de se réunir en différents conciles ; partout on se soumet. Il leur adresse un décret conforme à la coutume romaine ; presque tous obéissent sans réplique. Seuls les évèques de l’Asie-Mineure osent lui résister, et encore ils ne nient pas son autorité, ils n'objectent pas que ce procédé de l’évêque de Rome porte atteinte à leur indépendance ; ils n’allèguent que la tradition venant de l’Apôtre saint Jean, tradition pour laquelle ils professent le plus grand respect. Le Pape menace les réfractaires de peines Itrès-graves ; saint Irénée et les autres évêques ne condiestent pas son pouvoir, ils ne lui représentent pas

wil est leur égal et qu'il s’arroge un droit qu'il n’a

pas. Non, ils se contentent de Jui conseiller la modération, et de l’engager à ne pas excommunier lant de florissantes communautés pour une affaire de discipline. Qui ne voit de suite que, si son autorité eût étéune chimère ou une usurpation sur des collègues, ses menaces eussent attiré sur lui le flot de l’indignation ou du ridicule, absolument comme si un évèque du Canada se mettait en tête d'excommunier des prélats d'Espagne ou de Russie ? Ce fait historique montre donc encore une fois qu’à la fin du second siècle les évèques de Rome jouissaient d'un pouvoir incontesté sur l'Eglise universelle, et cela parcequ’ils étaient regardés comme les successeurs de saint Pierre, du Prince des Apôtres. (1)

La fin du second siècle vit naitre uue nouvelle hérésie : c'était celle des Antitrinilaires, qui niaient ou explicitement ou du moins implicitement le dogme de ia Trinité des personnes divines.

Suivant eux, Jésus-Christ n’était pas Dieu, mais un homme miraculeusèment engendré, ou revêtu d'une force divine, non essentielle, mais communiquée comme aux prophètes: tels étaient Théodote-le-corroyeur, Théodote-le changeur et Paul de Samosate ; ou bien encore ils prétendaient que Jésus-Christ n’était que Dieu le Père devenu homme comme nous, tels étaient Praxéas (les Patripassiens), Noël et Bérylle de

(') Sur cette question voyez Eusèbe, H. E. 1, V. ce. 23-25; Vita Constantini, IIL., 18-20 ; Socrate, H. E. V, 21-22, Walch, Histoire des hérésies, P. I. 666-685. On peut consulter T'homassin, Noël Alexandre avec les annotations de Âfansi, etc. Voyez aussi Handbuch der Kirchengeschichte, t. 1., p. 87, etc., par le Dr. Jos. Ig. Ritter, Bonn, 1862, et Geschichte der christlichen Kirche, t. 2, p. 112, etc., par le cardinal de Rauscher, Sulzbach, 1829.

| MO- Lant e disé eût gues, ’indisi U1 unier histoin du d'un t cela seurs

veille aient nt Île

Lis un l'une iquée c-Cor'e; ou ’était , tels lle de D; Vita hs Hisassin, aussi le Dr.

in Kir- , 1829.

Boire: ou enfin ils regardaient avec Sabellius la Ù Trinité comme trois manifestations différentes de la 0 Divinité qui est une en elle-mème ; ainsi Dieu se manifeste comme Père en donnant la loi, comme Fils en devenant homme dans le Christ, comme Saint-Esprit en remplissant de sa vertu le cœur des fidèles ; ces trois êtres ne sont que des formes diverses de la "! mème divinité personnelle se manifestant dans le © monde.

Cette hérésie, qui détruisait un dogme fondaumen- “7 taldu christianisme, ne devait pas demeurer bien " longtemps inaperçue dans l'Eglise. Ce sont encore les Papes qui lui portent les plus rudes coups. Voyez Théodote-le-corroyeur qui s’excusait d’avoir renié le Christ parce qu'il n'avait renié qu'un horune. Il se rend de Constantinople à Rome; partout il sème l'ivraie de ses funestes erreurs. Le Pape Victor, qui occupait encore le Saint-Siége, le rejette de la communion de l'Eglise : c'en est fait de sa secte qui | meurt presque en mênie temps que lui.

Arlémon, qui s'adonnait bien plus à l'étude d'Aristote qu'à celle de l'Ecriture Sainte, et qui cependant se mêlait de dogmatiser, enseignait que Jésus-Christ + n'était qu'un homme supérieur aux prophètes par ses à vertus. Le saint Pape Zéphirin le condamne, comme 0 il avait auparavant condamné les montanistes et

les encratites: l'histoire ne fait plus guère mention

… de sa secte.

Un peu plus tard, Paul de Samosate, également æ antitrinitaire, homme intrigant, vain jusqu'à l'excès, | toujours en quête d'éloges, riche à force d’exactions,

jouissant d'un grand crédit à la cour de Zénobie, reine de Palmyre, parvint au siége patriarcal d'Antioche, vers l’an 260. Ses doctrines perverses sont dénoncées au concile d'Antioche ; l'hérésiarque promet tout ce que l’on veut, échappe par subterfuge à une condamnation du concile et demeure attaché à ses erreurs qu'il dissémine aussitôt après. Un nouveau concile se réunit à Antioche, et cette fois il est convaincu d’'hérésie, déposé du patriarcat, et reçoit pour successeur Domnus. Mais Paul résiste à cette sentence et refuse de quitter sa résidence épiscopale. Les évêques s'adressent à l’empereur Aurélien qui venait de conquérir la ville, afin de le faire chasser par la force. L'empereur, quoique païen, n’ignorait pas la doctrine fondamentale des catholiques, à savoir, que pour appartenir à la véritable communauté chrétienne il faut êlre en communion avec l'Eglise de Rome. Aussi donna-t-il des ordres pour que le palais épiscopal fût cédé à celui des deux évèques qui serait en communion avec le Pontife Romain (Euseb. H. E. VII, 30.) Si l'évêque de Rome n'eût pas été reconnu comme chef de l'Eglise universelle, comment cet empereur païen ne s’en seraitil pas plutôt rapporté au jugement des soixante-dix évêques qui étaient réunis en concile et l'avaient déposé, ou encore à celui du patriarche d'Alexandrie, moins éloigné que l’évêque de Rome? Ce fait nous montre donc encore une fois la persuasion générale à cette époque, que l’évèque de Rome a une autorité pleine et entiere sur toute l'Eglise.

Presque en même temps, Sabellius, prêtre de Ptolé-

obie, !

l'Ansont | p'o- IS à hé à nou- M ilest eçoit cette pale.

qui »

asser # orait s, à D 1mu- M avec pour !

leux ntife omce unibraitdix \ient rie, ous srale prité

tolé-

DANS LES PREMIERS SIÈÇCLES. 45 maïs, enseigne sa doctrine qui détruisait le mystère de la Sainte Trinité, Denys, patriarche d'Alexandrie; s'aperçoit que c'est un loup au milieu du troupeau. Que fait-il ? En sa qualité de patriarche du premier siége après Rome, se contentera-t-il de porter con. dunnation de cette nouvelle erreur ? Non, il s'empresse d'en informer le Pape Sixte If, lui fait connailre la nature de cette hérésie, et soumet à son jugement la réfutation qu'il en avait faite dans trois lettres. Malheureusement ce Pape descendit dans la tombe avant d'avoir pu répudier le sabellianisme. [eut pour successeur saint Denys, homme d’une science, d’une piété et d’une douceur extrêmement remarquables, et ami de son homonyme d’Alexandrie. Ce dernier, dans sa polémique contre Sabellius, s'était servi d'expressions et d’analogies qui semblaient détruire l'égalité de substance du Pere et du Fils. On le dénonca au Pape qui prit l'affaire en sérieuse considération (262) Il engagea Île patriarche à s'expliquer sur Les erreurs dont on l'accusait, en même temps qu'il exposait avec une admirable lucidité, dans une circulaire publique aux Eglises d'Egypte, la foi ‘2 l'Eglise Romaine concernant l'unité de nature divine et la trianité des personnes. Denys, tout patriarche qu'il était, n’hésita pas à se rendre à l’injonction du Pape ; pas de résistance, pas de murmure ; il envoie à Rome des explications de sa doctrine qui sont acceptées. Ilest bien évident que le vénérabie patriarche reconnaissait par là pratiquement la suprématie de l'évêque de Rome, même sur les évêques d'Alexandrie, ainsi que

la mission qu'il a recue de Jésus-Christ de paitre ses agneaux et ses brebis, ct de confirmer secs frères dans la foi. (1)

Il y a encore une foule de faits analogues dansle cours du troisième siècle : qu'il me suffise d'en énumérer quelques-uns. C’est ainsi que, l'an 205, les évêques Montanus, Florian et autres, déposés dans leurs diocèses respectifs, en appellent au Pape Zéphirin, et demandent d'être rétablis, eux et leurs fidèles, dans la communion de l'Eglise.

L'an 261, l'évêque Privatus, condamné par le concile de Carthage, en appelle au Siége de Rome.

L'année suivante, Forlunat et iélix, condamnés en Afrique par saint Cyprien, se rendent à Rome pour se faire juger par le Pape saint Corneille.

En 254, les évèques Basihdes et Martial qui avaient été déposés par le synode de leur province, recourent au Pape saint Etienne pour obtenir justice. Ce dernier, trompé par les artifices de Basilides, avait cru à son innocence et l'avait rétabli dans son évèché. Quo . fraude fut dévoilée, la sentence fut regarà ame de nulle valeur. Cependant le principe

autorité pontificale était clairement reconnu.

Que fait le schismatique Novat lorsqu'il est expulsé de l'Eglise d'Afrique ? Il se rend à Rome pour y chercher un appui. Que font, et qu'ont fait tous les héréliques de chaque siècle ? Ils ont cherché à

(*) Sur ces hérésies voyez Tert. Adv. Prax. ; Hippol, Contra haeres. Noët, ; ÆEpiph. Hacres. 57. 62. 65; ÆEuseb. H. E. 1. VI. 33 ; VII 6 et 27-30 ; S. Jérôme, De Viris Illustribus, c. 60;

Théodoret, Haeret. Fab. IT. 8; S. Augustin, De Haer, c. 44 ; S. Basile, ep. 210.

C 808 ères

ns le énu- , les dans sphièles,

ur le ome.

nnés Lome

aient rent derru à ché.

garpcipe expour tous é à ontra LVE

DANS LES PREMIERS SIÈCLES. 47 capler la bienveillance et les faveurs du Pontife Romain, ct ils proclamaient sa suprématie aussi longtemps qu'ils en espéraient une sentence favorable à leur cause. Jue fitsaint Cyprien lorsqu'il vit l’évêque d'Arles, Marcien, tomber dans l’hérésie novatienne? Il en informe le Pape saint Corneille et le prie de lui donner un successeur!

Je pourrais tirer de suite un argument solide de la controverse entre saint Cyprien et le Pape saint Etienne au sujet des rebaptisants : le premier a pour luiles évèques d'Afrique et plusieurs de l'Asie; la lutte est longue et sérieuse ; à la fin l'opinion du Pape prévaut et fait loi dans toute l'Eglise. Mais j'aurai occasion d'en parler plus tard à un autre point de vue et de faire ressortir l’idée que j'émets ici.

On a répété bien souvent que la plupart des écrits qui sont attribués aux Papes des premiers siècles, et qui témoignent du pouvoir exercé par eux À cette époque, sont apocryphes et l’œuvre d'hérétiques postérieurs. Supposons «ue le fs#it fût vrai et qu'il ne restât aucun vestige de l'exercice de leur autorité antérieur au quatrième siècle, il n’enserait pas moins vrai que leur suprématie universellement reconnue, acceplée et respectée dans les âges postérieurs, devrait être regardée comme étant de droit divin. En eflet, il paraît absolument impossible d'admettre que les Eglises d'Alexandrie, d’Antioche, de la Grèce, des Gaules, de l'Afrique, etc.,aussianciennesque celle de Rome, aient reconnu de suite un pouvoir usurpé d'hier, sans racines dans le passé, sans titres authenliques et certains, un pouvoir qui changeait radica-

ne Dhs es ns ee ne ES nt

EE D on de rss ta

Page 1