‹ La primauté et l'infaillibilité des souverains pontifes [microforme]Chapitre 16 sur 71 · DE ST. PIERRE · texte numérisé non relu

DE ST. PIERRE

Naturellement on ne s’est pas contenté de s’attaquer aux successeurs de saint l’ierre; pour plus de sûreté, on est remonté jusqu’à saint Pierre lui-même ; on l’a accusé d’hétérodoxie, parcequ'il renia Jésus- Christ par trois fois à la voix d’une servante, et parce que son exemple porta les gentils d'Antioche à observer les rites judaïques: ce dont saint Paul le reprit vivement. (1) Dans l’ardeur qu'on mettait à trouver chez les Papes quelque erreur doctrinale, je crois qu'on eût mis en doute l’infailibilité de l'Homme. Dieu, si cela eût été nécessaire.

Commençons donc par saint Pierre et faisons voir que sa chûte ne nuit en rien à son infaillibilité. En effet, quelles sont les conditions requises et sufiisantes, pour que la définition d’un Pape soit infaillible, et doive être regardée comme telle? IL faut l° qu’il se serve de son autorité apostolique dans laccomplissement de sa charge de Pasteur et de Docteur de tous les chrétens ; % qu'il définisse librement une doctrine concernant la foi ou les mœurs ; 30 qu'il propose cette doctrine comme devant être tenue par l'Eglise universelle. Or, je vous le demande, trouvez vous ces conditions dans les actes qu'on reproche à saint Pierre ? Nullement. En effet sa triple négation de Jésus-Christ n’est pas une définition de foi; lorsqu'il reniait son divin maître, il r’enseignait pas l'Eglise ex oflicio; il ne proposait rien à croire ; il ne promulguait pas un dogme de foi. Saint Pierre, sous l'empire de la crainte, arme

(1) Mt. XXVI, 69 ; Gal. II, 1 etc.

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