‹ La primauté et l'infaillibilité des souverains pontifes [microforme]Chapitre 26 sur 71 · CRE · texte numérisé non relu

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contemporains. Quand on voit chez eux tant de mauvaise foi, tant de malhonnèteté, une si profonde scélératesse, on peut s'attendre à tout de leur part; interpoler ou forger un document n'était plus qu’une peccadille, un agréable et utile passe-temps. Les écrivains mêmes de cette époque se plaignaient déjà de l’impudence de ces faussaires.

Il est vraiment curieux d'observer les nombreuses nuances d'opinions de nos ennemis. Les uns disent que le seul crime de Libère est d’avoir condamné Athanase. Mais quand mème il aurait consenti à cette injuste condamnation,—ce qui d’ailleurs n’est nullement prouvé,—il ne s’ensuivrait pas qu'il fût hérétique. Autre chose est de commettre une injustice, autre chose est de tomber dans l’'hérésie et de donner une fausse définition.

D'autres prétendent que Libère est entré en communion avec les eusébiens, et que c’est là sa faute capitale. Or, comme la plupart des eusébiens semblaient encore conserver la vraie foi, et ne sacrifiaient que le mot de consubstantiel, Libère pouvait les considérer comme faisant partie de l'Eglise. L’infaillibilité ne consiste pas à être impeccable, à pouvoir scruter les cœurs et déjouer tous les subterfuges de la malice et de l'hypocrisie, mais elle consiste en ce que le Pape ne peut pas, en tant que chef de l'Eglise et pasteur du troupeau de Jésus- Christ, errer en matière de doctrine révélée, lorsqu'il la propose comme devant être tenue par l'Eglise universelle.

D'autres soutiennent que Libère a souscrit à la

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troisième formule de Sirmium, qui fut rédigée, en 359, par Marc d’Aréthuse. Cette opinion est inadmissible ; car, de l’aveu de presque tout le monde, Libère revint de son exil en 358, et sa prétendue chûte aurait eu lieu pendant son exil. El est donc évident qu'il n’a pu signer une formule qui n’existait pas encore et qui fut rédigée seulement l’année suivante.

D'ailleurs celle que, ‘d'après le fragment de saint Hilaire, le Pape aurait signée, fut rédigée non par un seul, mais par plusieurs évêques dont les noms sont connus, Enfin cette formule est susceptible d'un sens orthodoxe, puisqu'elle énonce «la similitude entière et parfaite en toutes choses du Fils avec le Père. »

D'autres prétendent qu’il donna son adhésion à la seconde formule de Sirmium, qui contient la doctrine arienne, Mais ceci est faux, et voici pourquoi.

lo Saint Hilaire nous dit que « la perfidie arienne, à laquelle Libère a apposé sa signature, est celle qui avait été souscrite par vingt-deux évêques, savoir: Narcisse, Théodore, Basile, etc.» Or, les noms de ces évêques ne se trouvent ni après la seconde, ni après là troisième formule, mais seulement après la première. Cet argument me paraît irréfutable.

2° Les ariens proclamèrent bien haut l'adhésion qu'ils avaient obtenue d’'Osius, et ils allèrent jusqu’à écrire une lettre de félicitations aux évêques qui avaient fait cette belle conquête à leur parti. Quels Chants de triomphe n’eussent-ils pas fait entendre,

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