‹ La primauté et l'infaillibilité des souverains pontifes [microforme]Chapitre 37 sur 71 · partie du monothélisme. Done Honorius n'a .pas · texte numérisé non relu

partie du monothélisme. Done Honorius n'a .pas

‘enseigné cette hérésie.

Dans sa première lettre, il répète plusieurs fois

“que «les Ecritures démontrent clairement que Jésus-

Christ est le mème qui opère et les choses divines et les choses humaines ; » que «Jésus-Christ opère dans les deux natures divinement et humainement.» Rien de plus clair, rien de plus évident! L'hérésie se trouve du coup renversée. Il est donc manifeste qu'Honorius admet en Jésus-Christ non-seulement deux natures, mais encore deux volontés et deux opérations. Donc ce Pontife professe dans ses lettres la vérité catholique ; il rejette seulement les mots nouveaux, dont on se sert pour l’exprimer, et cela, par

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raison de prudence, afin de ne pas paraitre favoriser Je nestorianisme ou l’eutychianisme, et aussi parco que Sergius lui avait astucieusement représenté ces expressions nouvelles comme une cause de troubles dans les Eglises, et un obstacle au retour des mono: physites à l'orthodoxie.

Donc, bien que le Pontife ne détinisse ni l'unité, ni la dualité d'opérations en Jésus-Christ, et qu'il ne prescrive que le silence, il est évident que la doctrine contenue dans ses deux lettres, est orthodoxe et est l'expression pure etsimple des deux volontés et des deux opérations en Jésus-Christ.

Il y a cependant une objection que les gallicans tirent contre nous de ces paroles d'Honorius : « Nous confessons une seule volonté en Notre Seigneur Jésus-Christ.---l’nam fatemur voluntatem Domini Nos. tri Jesu Christi.»

Mais l’objection disparait d'elle-mème, si l’on fait tant soit peu altention au contexte. En effet, après les paroles que je viens de rapporter, il ajoute : « parce. que la divinité a pris, non pas notre péché, mais bien notre nature, telle qu’elle a été créée, avant que le péché l’ait corrompue.» Il prouve cet avancé par plusieurs textes de l'Ecriture Sainte, et ajoute: «Le Sauveur, ainsi que nous l’avons dit, n’a point revêtu riotre nature viciée, qui répugnerait à la loi de son esprit. Car il n’eut point une double loi dans les membres, ou une loi différente, c’est-à-dire, contraire à sa qualité de Sauveur, parcequ’il est né au-dessus de la loi de la condition humaine.» Ces paroles

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XT LE MONOTHÉLISME. 245

n'indiquent pas le moins du monde une confusion ans le sens monothélite) de la volonté humaine avec la volonté divine, de telle sorte que la première disparaisse ; elles ne tendent qu'à montrer en Jésus- Christ l’existence-d'une volonté humaine tellement exempte des faiblesses ordinaires à l’homme déchu, tellement parfaite, qu'elle ne peut contredire la volonté divine. Dans ce sens, il n’y a pas en Jésus- Christ deux volontés contraires, comme nous Îles retrouvons en nous-mêmes, mais une seule volonté. est dans ce sens que saint Maxime, le plus docte et le plus vaillant défenseur de la cause catholique, comprit les paroles du Pape. « Honorius, dit-il, ne combat point la volonté naturelle et humaine, mais la volonté corrompue et étrangère en elle-même.» Jean, secrétaire d'Honorius, qui avait écrit la lettre à Sergius et qui devait connaître mieux que tout autre la pensée du Pontife, dit à ce sujet: «Quand nous parlâmes d’une seule volonté dans le Seigneur, nous n'avions point en vue sa doubie nature, divine et humaine, mais son humanité seule... Nous voulions dire que Jésus-Christ n’avait point deux volontés contraires, savoir, celle de la chair et celle de l'esprit, comme nous les avons nous-mêmes depuis le péché, mais que, sous le rapport de l'humanité, il n'avait que la volonté naturelle, » | Le Pape Jean IV doune aux paroles d'Honorius absolument le mème sens. IL est donc bien évident que la doctrine d'Honorius, dans ses lettres à Sergius, est inattaquable au point de vue de la

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saine théologie, puisque, outre la volonté divine que personne n’a jamais niée, il admet la volonté humaine dans toute sa perfection.

Mais, dit-on, Honorius n'a-tl pas écrit qu'il était inepte de tant insister sur l'unité ou la dualité des opérations en Jésus-Christ ?

C'est vrai; mais cela prouve précisément qu'il ne voulait rien définir, ni faire un dogme de l’une ou de lantre de ces deux doctrines. Si l'on prétend qu'il a par là nié Ia dualité des opérations, pourquoi ue pourrait-on pas conclure, avec autant de droit. qu'il a rejeté l'unité d'opération ? Il veut qu'on se borne à enscigner qu'il y à un seul Jésus-Christ opérant en deux natures; par |, il sanctionne l'unité de personne contre les nestoriens, et la dualité des natures contre les eutychiens. En sc contentant de proclamer l'existence des deux natures, 1l ne nie pas l'existence des deux opérations : au contraire, nous avons déjà vu qu'il inculque celte vérité, à plusieurs reprises, dans ses lettres, Son but unique et certainement très-Jouable était de maintenir la paix dans l'Eglise, en empèchant l'introduction de mots nouveaux, et d'enlever tout obstacle au retour des hérétiques à la vraie doctrine.

Ajoutons encore que, dans sa lettre, Sergius donnait à la nature humaine de Jésus-Christ un rûle purement passif, tandis qu'Honorius, dans sa réponse, lui attribue un rôle essentiellement actif, On voit donc que la doctrine d'Honorius diffère complèlement de celle de Sergius; la séule chose sur là-

quelle ils s'accordent, c’est le silence à prescrire aux

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