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leurs femmes et de leurs enfants ; les membres du haut clergé les pourvoient moyennant leurs im: menses prébendes...... mais les autres, qui ont de maigres revenus, ont peuplé le royaume entier de familles de mendiants. Woïfang Menzel (1) dit à ce sujet: Les affaires et affections de famille, dans l'Eglise, sont en contradiction avec sa dignité... Le célibat lie le 5rôtre uniquement au ciel, à l'Eglise et au Pape, au lieu de le lier à son pays et à sa famille... Les pasteurs briguent les faveurs des cours, où tremolent pour leurs femmes et leurs enfants. »
Ce sera toujours une des gloires de la Papauté et de l'Eglise catholique d'avoir maintenu cette céleste institution du célibat ecclésiastique. C'est aussi ce qui a faitel ce qui fera sa force et sa consolation aux jours de l'épreuve. (?)
On a débité également bien des inexactitudes, pour ne pas dire davantage, sur le moyen-âge et en particulier concernant l'autorité exercée par les Papes sur les souverainetés temporelles.
Le grand sophisme, qui est commun à tous les accusateurs exagérés des Papes du moyen-âge, c’est de vouloir juger, d’après les idées et les systèmes modernes, les hommes et les institutions des siècles précédents. On se fait une théorie plns ou moins vraie, plus ou moins plausible, qui sert de mesure
(?) Geschichte der Deutschen, 2e édition, 1834, p. 242.
(*) Mgr. Pavy, Du célibat ecclésiastique, Paris, 1852 ; Juyr, Le célibat ecclésiastique dans ses rapports religieux et politiques, Paris, 1836.
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pour tout ; on trouve ridicule ou détestable tout ce qui n’y est pas conforme. Absurdité manifeste ! Les sociétés temporelles, comme les individus, passent par l'enfance, la jeunesse, l'âge mur et la vieillesse ; leur existence est parfois douce, paisible et prospère ; parfois aussi agilée par les tempêtes des passions humaines, et par les révolutions sanglantes.
Vouloir que les anciens âges aient été en possession de nos idées modernes, c’est vouloir que Île petit enfant ait les mêmes opinions que son père, qu’il porte le mème costume que son aïeul, et par toutes les saisons. « Autant vaudrait imaginer un homme adulte-né» (1)
La suprématie pontificale sur les souverains temporels était universellement reconnue au moyenâge ; Les princes eux-mêmes l’admettaient, si l’on en excepte peut-être ceux qui se trouvaient atteints par les foudres de l'Eglise, et qui se croyaient lésés dans leurs droits. C’est une criante injustice envers les Papes que de vouloir leur faire un crime de l’exercice de ce pouvoir ; ils s’en servaient pour lavantage temporel et spirituel des peuples, pour leur rendre leurs droits et leur liberté injustement ravis, Au lieu de les maudire, ne devrait-on pas leur en rendre d’éternelles actions de grâces ? À quels excès ne se seraient pas, ortés un Henri IV, un Frédéric Barberousse et autres, s'ils n’eussent redouté le contrepoids de l'autorité des Papes ? Le despotisme de ces nrinces s’effrayait à la pensée des conséquences lrrbles qui pouvaient en résulter. Les sujets pou-
(t) Du Pape, par J, de Maistre, 8e édit., p. 246.
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vaient toujours s'adresser au Pape, lui exposer leurs griefs contre le souverain, et lui demander si, dans de telles conditions, ils étaient encore tenus de gar. der leur serment de fidélité. La solution de ce cas, réservée au Poutife suprème, était bien de nature à inquiéter le prince, à le prémunir contre un absolutisme trop complet, en même temps qu’à rassurer les sujets, qui trouvaient, dans ce tribunal suprème, une continuelle et bienveillante protection.
Après avoir dit que les Papes étaient supérieurs à leurs contemporains par ia sagesse et la science, et qu'ils acquirent par là même une grande influence, M. le Comte J. de Maistre ajoute : «Il se forma enfin une opinion à peu près universelle, qui attribuait aux Papes une certaine compétence sur les questions de souveraineté. Cette idée était très-sage, et valait mieux que tous nos sophismes. Les Papes ne se milaient nullement de gèner les princes sages dans l'exercice de leurs fonctions, encore moins de troubler l’ordre des successions souveraines, tant que les choses allaient suivant les règles ordinaires et connues ; c'est lorsqu'il y avait grand abus, grand crime ou grand doute, que le souverain Pontife interposait son autorité. Or, comment nous tirons-nous d'affaire en cas semblables, nous qui regardons n0s pères en pitié ? Par la révolte. les guerres civiles et tous ïies maux qui en résultent. En vérité, iln'ya pas de quoi se vanter. » (1)
Ailleurs, il fait la remarque suivante s':: laquelle
(*) Du Pape, L IL, c. X, p. 238,
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il lui semble qu'on n'a point assez insisté : «C'est que les plus grands actes de l'autorité qu'on puisse citer de la part des Papes agissant sur le pouvoir temporel, atlaquaient toujours wie souveraineté élective, c’est-à-dire, une demi-souverainelé, à laquelle on avait sans doute le droit de demander compte, et que même on pouvait déposer, s'il Jui arrivait de malverser à un certain point. Voltaire a fort bien remarqué que lélection suppose nécessairement un contrat entre le roi et la nation ; en sorte que le rot élecif peut toujours être pris à partie, et être jugé.» (1)
Mon intention n’est pas d'examiner maintenant si les Papes exercaient cette autorité sur les souverains en vertu d’un pouvoir direct, où indirect, ou simplement directif; (2?) je me contente de constater que cette autorité n'était pas une usurpation criminelie, qu'elle était reconnue au moyen-âse et par les princes et par les sujets, et faisait certainement partie du droit public de l'époque.
Je résume cette lecon en concluant:
10 Qu'il existait, à cette époque, de graves abus, —provenant surtout des investitures,-—tels que la simonie et l’incontinence, qui exigeaient nécessairement une répression vigoureuse et immédiate ;
20 Que saint Grégoire VII fut l’homme choisi de
(1) Ibid., L IT, c. IX, p. 234.
(2) Sur cette question, voyez Bellarmin, De KR. Fontifice, 1. V., ce, 1 et 6; Roncaglia, Animadversiones in Hist. eccl. Natal. Alex. saec. XI, diss. 2 ; Bianchi, Della potestà e della polizin della Chiesa, t. I, L 1, ce. 8 ; Mamaehi,Orig. et antiquit. Christ., t. 1V, c. 2, $ 4 ;: Fénelon, Dissertatio de auctoritate summi Pon tificis ; Gosselin, Pouvoir du Pape au moyen-âge.
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Dieu pour anéantir ces abus, en opposant une in. domptable énergie aux envahissements continuels des princes séculiers dans le domaine spirituel ;
30 Que ce grand et saint Pontife, bien loin de mériter les reproches d’ambition, d'hérésie et autres, que lui ont décernés les eunemis de la Papauté, ne mérite que l'admirelion et la reconnaissance de là postérité, et de l’église entière.
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