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paraître, fut accusé de plusieurs crimes, privé de toute administration spirituelle et temporelle de la Papauté, et enfin déposé comme fauteur du schisme. Jean XXIII acquiesça à la sentence portée contre lui par le concile et remit les insignes du pontificat. Il fallait obtenir l’abdication volontaire des deux autres ; ce n’était pas chose facile. On commença par faire un décret qui prohibait l'élévation de Grégoire et de Benoît à la dignité de chef de l'Eglise. Dans la XIVe session, Grégoire XIT, par l’entremise de son légat, commença par convoquer le concile, qu’il ne regardait pas auparavant comme légitime, et abdiqua librement entre les mains de l’empereur Sigismond. - Quant à l’antipape Benoît XII, il fut dès lors abandonné de tout le monde, mème des Espagnols ; malgré toutes ses promesses, il persista opiniâtrément à se maintenir dans sa dignité. On lui rappela qu’il s'était engagé à abdiquer, si les antres le faisaient et si le bien de l'Eglise l’exigeait; on l’informa que ces deux conditions étaient remplies: tout fut inutile. Il est de ces hommes qui ne reculent jamais, lors même qu’on leur montre clairement qu'ils ont tort ; ils sacrifieraient l’unité de l'Eglise et la tranquillité de l'univers, plutôt que d'abandonner une idée qu’ils chérissent, où un projet qu’ils ont formé. Benoît XIIT était de ce nombre ; la tenacité aveugle faisait le fond de son caractère. Aussi les ambassades qu’on lui envoya demeurèrent-elles sans aucun résultat. Le concile déclara que, vu ses serments antérieurs relativement à son abdication,
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il se trouvait par là même privé de sa dignité. La mort le surnrit dans le schisme, en 1424, à l'âge avancé de quatre-vingt-dix ans, et après trente années d'un pontificat plus que douteux.
Après cette triple abdication ou déposition légitime, le concile élut, dans sa session XLIe, le cardinal Othon Colonna, qui prit le nom de Martin V.
Ce choix fut accueilli avec un enthousiasme universel; la paix était rendue à l'Eglise, après quarante ans de troubles sans antécédents dans l’histoire. “
Le nouveau Pontife présida les dernières sessions du concile et ratifia tout ce qui y avait été décrété condlliairement dans les matières de foi.
Maintenant que nous connaissons les principaux faits de ce triste drame, nous pouvons résoudre quelques objections que nous proposent les ennemis de l'Eglise.
Ils prétendent, en premier lieu, que l'unité dont se vante tant l'Eglise catholique, fut rompue à cette époque. Quelques-uns vont même jusqu'à assimiler les diverses obédiences des trois Papes simultanés aux trois principales Eglises chrétiennes qui dominent sur la surface du globe: l'Eglise romaine, l'Eglise anglicane et l'Eglise gréco-russe.
La réponse est courte et facile. Celie scission, à laquelle en a donné improprement le nom de schisme, ne détruisit pas l'unité formelle de l'Eglise. En:effet, personne ne pensait que l'Eglise pût avoir simultanément deux ou trois chefs légitimes, etique
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chacun d'eux eût le droit de commander à une partie de la chrétienté ; au contraire, tous étaient péniblement affectés de cet état de choses, parce que tous étaient convaincus qu'il ne pouvait y avoir en même temps qu'un seul Pape, qu’un seul pasteur, à la tête du troupeau de Jésus-Christ.
Au milieu de cette confusion générale, on ne savait où trouver le vrai successeur du Prince des Apôtres. Des personnages éminents par leur science et leur piété différaient d'avis sur ce sujet; les uns se soumettaient aux Papes de Rome, d’autres, à Benoît XIII d'Avignon, d’autres, enfin, à l’élu du concile de Pise ou à son successeur Jean XXIIL Ïl y avait bien schisme matériel, provenant de l’ignorance invincible, dans laquelle on se trouvait alors, sur le sujet en qui devaient résider les divines prérogatives de la primauté de Pierre, mais il n’y eut jamais schisme formel, parce qu’il n’y eut jamais refus d'obéir à l’autorité légitimement constituée et reconnue comme telle. Dans tous les camps, le dogme de l’unité de chef suprême de l'Eglise était regardé comme inviolable, et en cela ils différaient essentiellement des hérétiques modernes, qui admettent autant de chefs que d’églises et même autant que d'individus. Il n’y a peut-être pas d'époque dans l’histoire de l'Eglise, où l'unité de droit ait été plus manifeste ; c’est cette unité que tous les adversaires du catholicisme rejettent opiniâtrement, que les membres de l'Eglise Romaine ne sacrifieront jamais, et qui mettra toujours une barrière infranchissabie entre les sectes dissidentes et l'Eglise catholique.