LA IV6 ET LA VC SESSION DU CONCILE DE CONSTANCE
Le gallicanisme à constamment considéré comme l'un de ses plus solides arguments les décrets rendus dans la quatrième et la cinquième session du concile de Constance, et par lesquels se trouvait sanctionnée la thèse, que le Pape est inférieur au concile général.
Mais celte conclusion est inadmissible, et voici pourquoi: les décrets d'un concile n’ont de force et ne font autorité que lorsqu'ils ont été confirmés par le Pontife Romain, et en la manière dont il les a approuvés. Or Martin V n’a confirmé le concile de Constance que pour ce que l’on y avait décrété conciliairement dans les matières de foi. () Il est donc bien évident que ce Pape n’approuvait pas tout sans restriction. ji
Maintenant, peut-on dire que les décrets ci-dessus mentionnés furent adoptés conciliairement à Constance ? Certainement non. En effet, 1° le concile qui avait été convoqué par Jean XXIIT, Pape douteux, n'avait pas encore pu réunir, à l’époque de ces deux sessions, les obédiences de Grégoire XIE et de Benoit XIIL: bien plus, ces deux Pontifes protestaient énergiquement contre cette assemblée.
20 IL ne fut présidé, pendant ces sessions, par aucun des prétendants à la Papauté ; Jean XXII avait déjà pris la fuite et s'était retiré à Schaffouse.
30 Les quatre nations s'étaient entsndues pour
( # Labbe, t. XII, p. 1; Mansi, t. XXVII, p. 52) ;t. XXVIII,
CONCILE DE CONSTANCGE. 407
publier un décret qui établirait l'autorité du concile sur le Pape ; les cardinaux et plusieurs évêques s'élevèrent contre ce projet, comme restreignant les droits du souverain Pontife. Le cardinal florentin Zarabella, chargé de lire ce décret dans la quatrième session, omit à dessein les mots qui concernaient le pouvoir du concile sur le Pape dans les matières de foi et laréforme de l'Eglise dans son chef et dans ses membres. Ce procédé excita l’indignation de plusieurs Pères du concile. qui exigèrent que le tout fût lu dans Ja session suivante. Les cardinaux décidèrent d’abord de ne pas y assister ; mais de crainte que le peuple n’en fût scandalisé et que l'assemblée ne fût dissoute, ils résolurent de s’y rendre, après avoir protesté à l'avance et secrètement contre ce décret.
4o Dans les questions de cette importance, les conciles, ont toujours la coutume de ne procéder qu'’après un mür examen de l’Ecriture et de la tradition. Dans le cas actuel, toutes les règles de la prudence furent mises de côté, et cette mesure si grave n’obtint l'adhésion que d’une partie de l’obédience de Jean XXIIT.
ÿo Contrairement au droit et à tous les usages reçus, ce ne furent pas les évèques seuls qui donnerent leurs suffrages, mais encore les clercs inférieurs et même des laïques mariés.
De toutes ces raisons je conclus que ces décrets ne furent pas rendus conciliairement, et que, par conséquent, ils ne se trouvent pas compris dans Îla confirmation donnée par Martin V au concile de