BIENFAITS DE LA PAPAUTÉ
s'agissait d'un prince séculier, devient contre les Papes une source féconde de diatribes insensées, de noires accusations. Pour un héros ordinaire, on chercherait à amoindrir la portée d’un fait injurieux à sa mémoire ; s'agit-il d'un Pape, on hausse le ton, on force la note, on donne à une insignifiante peccadille les proportions d’un cas pendable.
Puisque sur douze Apôtres il y eut un traitre, on ne doit pas s'étonner que, dans une si longue série de Pontifes, il y ait ici et là quelques taches qui trahissent la faiblesse humaine, maïs qui font briller en même temps d’un plus vif éclat l’assistance que le Saint-Esprit a dû leur donner pour les préserver de toute erreur. «Royauté exemplaire, écrit l’illustre évêque de Nimes, Mgr. Plantier (Sur les grandeurs de la Papauté), elle est debout depuis deux mille ans; plus de deux cent cinquante fois sa couronne à changé de front, et, chose admirable autant que certaine, parmi ceux qui l'ont ainsi représentée, le niveau de la vertu plane habituellement au-dessus de tous les trônes qui les entourent ; très-souvent ils la font monter jusqu’à l’héroïisme de la sainteté, et c’est à peine si, à travers cette continuité de splendeur, vous surprendrez trois ou quatre noms dont on puisse ne pas vénérer la mémoire.»