‹ La primauté et l'infaillibilité des souverains pontifes [microforme]Chapitre 65 sur 71 · BIENFAITS · texte numérisé non relu

BIENFAITS

qu'a procurés au monde la Papauté, Le tableau serait sans aucun doute infiniment plus consolant, et ferait voir les Papes sous leur vrai jour. Il est bien plus désagréable d'avoir à justifier les hommes de certains reproches, que d’avoir à exalter leurs hauts faits, leurs vertus et les actes qui leur méritent l’éternelle reconnaissance de la postérité. J’ai accompli cette année la première partie de ma tâche ; c’est la plus pénible mais aussi la plus méritoire. Il me semble qu’il y a un devoir de justice plus strict et plus impérieux de disculper un Pape, ou un individu quelconque, d’accusations apocryphes, que de louer ses belles actions ; c’est pour cela que J'ai commencé par la partie polémique.

J'aurais un plaisir infini à remettre sous vos yeux les services inappréciables rendus au monde par la Papauté. Je vous la montrerais protégeant le clergé contre la servitude du pouvoir séculier, contre l’avilissement qui résulte d’une soumission trop aveugle au despotisme illimité des souverains; je vous la ferais voir aux prises avec toutes les tyrannies, pour conserver aux peuples la somme de liberté qui leur est nécessaire, et traçant aux ecclésiastiques comme auxlaïques, aux puissants comme aux faibles, les devoirs qu’ils ont à remplir dans la condition que leur a assignée la Providence. Vous auriez pu contempler la Papauté luttant énergiquement pour maintenir l'unité et l’indissolubilité du mariage, pour défendre la vraie liberté chrétienne, celle qui nous affranchit du péché, pour séparer l’ivraie de l'erreur du bon grain de la doctrine révélée, pour

repousser les monstrueuses théories qui n'ont cessé de menacer la société tout entière, pour empècher le monde de se dépouiller de ses croyances et de courir au scepticisme religieux. Les Papes ont toujours été à la tête des grandes œuvres ; ils ont encouragé plus que tous les autres princes les lettres, les sciences, et les beaux-arts; Rome, avec la splendeur de ses monuments, en rendra un éternel témoignage ; tout ce qu’il y a de noble et d'honnète dans les sphères de la pensée, a ressenti l'effet de leur puissante impulsion.

Après tant de services rendus à la société, il semble que tous les cœurs devraient chérir et bénir la divine institution du souverain pontificat. La gratitude la plus profonde devrait se traduire en actes de respect et de soumission filiale. Mais l'âme humaine révèle parfois de bien tristes côtés; elle méconnait, elle rejette ce qu’elle devrait aimer et vénérer, pour courir à sa ruine. Ce sont souvent ceux qui ont été le plus comblés de bienfaits de la part de la Papauté qui lui causent le plus de chagrins, qui s'insurgent contre elle et cherchent à la détruire. [ls ressemblent à ces enfaals qui, dans un temps d'orage, s’estiment très-heureux de trouver un abri sous le feuillage touffu et les larges rameaux d’un chène antique ; mais à peine le soleil a-t-il dissipé les nuages, à peine le ciel a-t-il fermé ses cataractes, que ces iugrats, oublieux du service et de la protection qu'ils viennent d’eh recevoir, sans même considérer çe qu'ils peuvent encore en attendre en pa;

reilles circonstances, s’achainent contre ce roi de la forêt qui les a si bien servis, et se hâtent d'en détruire les rameaux verdoyants.

Messieurs, n’imitons pas leur ingratitude ; prouvons par nos actes l'affection et la reconnaissance dont nos cœurs sont pénétrés pour l'Eglise et ses augustes chefs. L’immortel Pie IX a peut-être plus que tout autre combattu les doctrines antisociales, refoulé les prétendus droits de l'erreur et de la fausse liberté, élevé la voix pour protéger les princes injustement bannis par la Révélution et pour protester contre la tyrannie religieuse qu'’avaient à subir certains peuples. Personne plus que lui n’a travaillé à la diffusion du catholicisme, à la gloire de la religion, au rétablissement de la hiérarchie, à la revendication des droits de la raison outragée et de la foi qu’on voulait anéantir. Personne n’a su mieux que lui consoler l’infortune, accueillir l’exilé, encr 3r dans les sentiers du vrai et du bien. Poe: .è récompense on l’a privé de ses états; on l’ar. .t à la pauvreté et aux étroites limites du Vatican ; maintenant on chasse de Rome ceux qui avaient toujours été sa consolation et le ferme appui de l’Eglise. Après toutes ces douloureuses épreuves, il né lui reste plus qu’à s’écrier comme son divin Maitre : Consummatum est ! Oui tout est consommé ; mais c’est pour l’éternelle opprobre de ses ennemis et pour la gloire de Pie IX et de ses défenseurs.

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Oui, tout est consommé! l'iniquité, l'injustice et le mal ne peuvent guère connaitre d’abimes plus insondables. Mais le jour du triomphe arrivera bientôt, et la main de Dieu n'apparaîtra que plus visible à tous les regards ; ce sera le souffle divin qui dispersera la paille légère de l’impiété, destinée au feu éternel, qui chassera les nuages de l'erreur et qui manifestera au monde étonné la force invincible que Jésus-Christ a communiquée aux chefs de son Eglise. Alors brillera d’un vif éclat la vérité des promesses de notre divin Sauveur : « Tu es Pierre, etsur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle !»

EESTI STE TONER PEN

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