‹ La primauté et l'infaillibilité des souverains pontifes [microforme]Chapitre 9 sur 71 · RARE · texte numérisé non relu

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voit incessamment revenir les noms de Victor, de Marcellin, de Libère, âe Zozyme, de Vigile, d'Ionorius, de Grégoire VIT, d’'Innocent III, de Boniface VIIT, d'Alexandre VI, de Clément XIV, voire même de la papesse Jeanne, et de beaucoup de Pontifes du Xe siècle. C'est la kyrielle d'usage dans ces sortes d’écrits; ce sont des noms à effet, des noms destinés à effrayer les âmes naïves. Le but de toutes ces attaques, c’est de ruiner l'Eglise par sa base qui est Pierre el ses successeurs; c’est de déverser sur cette céleste institution le ridicule et le mépris; c'est d'anéantir dans les âmes la foi en lenseignement de l'Eglise; c’est de détruire, s'il était possible, ce principe d'unité qui est divin, et qui fera toujours la gloire et la force du catholicisme.

Je n'ai pas l'intention de vous exposer ici les arguments bibliques, qui prouvent d'une manière évidente que Jésus-Christ a bâti son Eglise in illible. son Eglise qui doit durer jusqu’à la fin des siècie:, sur saint Pierre et ses successeurs; inutile de vous rappeler qu'ils sont la base, la pierre anguliire, le fondement sur lequel repose l'Eglise, et que le fondement de l'édifice devant être aussi solide et aussi durable que l'édifice lui-même, devant même donner la stabilité à cet édifice qui est l'Eglise, il s'ensuit que saint Pierre doit être infaillible et vivre comme tel dans 5es successeurs jusqu'à la fin des siècles : autrement l'édifice serait plus solide que la base ou subsisterait sans ses fondements. Inutile de vous rappeler que Jésus-Christ a ordonné à Pierre de paître ses agneaux et ses brebis, c’est-à-dire, suivant

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ja force de l'original grec, de gouverner avec aulorilé

Les évêques et les fidèles, de confirmer ses frères

7 dans la foi: ce qui suppose non seulement une autorilé quelconque, mais une autorité qui ne peut pas ! enseigner l'erreur, qui ne peut pas se tromper en

“inaticre de foi, une autorité infaillible. Tout cela vous est connu depuis longtemps, et le saint Concile du Vatican n’a fait que définir d’une manière plus expresse, plus irréfragable, ce qui avait toujours … cé l'objet de votre foi.

+ J'omets tous ces arguments dogmaliques ainsi que … Les futiles objections qu'on y fait; jene me réserve … pour le moment que le domaine de l'histoire, : domaine assez vaste, assez riche pour satisfaire les

goûts les plus variés, pour rassasier la curiosité la … plus inquiète, et ponr fatiguer mème l’ardeur

patiente et insatiable des érudits.

J'entre de suite en matière.

Je commence par réfuter une objection que vous retrouvez partout. La voici: Si saint Pierre et ses successeurs des quatre premiers siècles eussent eu, ou eussent cru avoir une autorité pleine et entière sur l'Eglise universelle, comment se fait-il qu’ils ne l'aient pas exercée ? Comment se fait-il que les fidèles n'aient pas recouru à leur tribunal? Comment les questions agitées et controversées n’étaient-elles pas soumises au jugement des évêques de Rome ?

Cette objection, MM., implique une négation de l'existence de la primauté à cette époque. Je vais » lâcher d'y répondre catégoriquement au moyen des faits.

Si je voulais remonter jusqu'à saint Pierre, je pourrais vous rappeler que les Saintes Ecritures le nomment toujours le premier et d'une manière expresse, lors même qu'elles ne suivent ni l’ordr: d'âge, ni l’ordre de vocation, et que les autres Apôtres ne sont mentionnés que collectivement. C’est lui qui perait le premier au cénacle, qui y parle et v occupe la place d'honneur ; il est encore le premier à prècher l'Evangile aux Juifs après la Pentecôte, à confirmer la foi par des miracles, à admettre les Gentils dans le sein de l'Eglise, malgré les réclamations des Juifs, à visiter les Eglises naissantes, même celles des autres Apôtres, tandis que nul d’entre eux ne fit jamais rien de semblable. C’est encore saint Pierre qui prononça la sentence au sujet de la controverse des rites judaïques dans le concile de Jérusalem, l'an 47. Les autres Apôtres donnent leur avis, comme c'était leur droit, mais du moment qu'il a parlé, son sentiment est adopté et fait loi. (1) Sans doute ces faiis qui sont consignés surtout dans les Actes des Abpôtres, première histoire de l'Eglise encore à son berceau, ne suffiraient pas à eux seuls pour prouver d’une maniere irréfragable l'autorité de saint Pierre sur les autres Apôtres et sur l'Eglise entière ; mais ils sont déjà un indice assez frappant, assez extraordinaire, en faveur de l'autorité que nous lui revendiquons, et si nous les mettons en regard des textes sacrés qui établissent clairement cette (1) Voyez Mt. X,2; Mr. II, 6 ; Luc, IV, 13 ; Act. I, 13,

15 ; II, 4 ; III, 6 ; V, 3; VIII, 40 ; 1X, 32; XV, 7 ; Gal. I, 17 ; IL, 2.

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