POUR 1000 VIVANTS
De 25 à 45 ans
De 45 à 65 ans
donc très rarement, d'une façon absolument exacte, au risque de décès couru par cet assuré et calculé par les tables de mortalité. Chaque individu se trouve, en effet, personnellement et diversement soumis aux influences dont nous venons de parler. On peut admettre, il est vrai, que ces diverses causes d'augmentation ou de diminution des chances de mortalité se compensent entre elles
La statistique présentant le plus de garanties sera par suite celle des compagnies d'assurances elles-mêmes. Les observations seront en effet circonscrites aux classes qui composent leur clientèle habituelle; elles indiqueraient assez correctement, pour une période donnée, les lois de la mortalité parmi les (individus bien portants, sainement constitués, et en possession des aisances de la vie.
Mais que valent les observations d'une époque pour la période suivante ? Durant le cours d'un siècle combien de changements survenus dans la législation, la médecine, l'hygiène, l'aisance générale, les mœurs, dans toutes les conditions matérielles et morales qui exercent certainement une grande influence sur la mortalité ! (1).
(1) « Les enfants sont aujourd'hui l'objet de soins plus vigilants et plus éclairés peut-être qu'à aucune époque. Une des choses qui paraissent le mieux démontrées, à l'honneur de la tendre sollicitude des parents, et, je le veux bien aussi, à l'honneur de la médecine, c'est que la mortalité, si effrayante
Nous arrivons donc à cette conclusion que les données de l'expérience ne seront jamais des bases certaines, parce que les circonstances changent, dès que les sociétés évoluent. Le calcul des probabilités, appliqué aux chances de la mortalité, ne donnera que des approximations ; il ne sera toujours, suivant le mot très juste de M. de Courcy, qu'un « procédé perfectionné de tâtonnement ». La statistique est donc un guide indispensable, mais un peu suspect, et dont le témoignage a besoin d'être incessamment contrôlé par un esprit vigilant et circonspect (1). Mais ainsi comprise elle est infiniment précieuse, puisqu'elle a pu régir, dans des conditions suffisantes de sécurité, une des institutions les plusintéressantesdes tempsmodernes, et la préserver des erreurs grossières qui auraient précipité sa ruine.
autrefois dans le bas âge, s'est notablement ralentie, an moins parmi les classes aisées. Cette vérité a été mise en grand relief par les associations tontinières d'enfants. Au moment de la liquidation de ces associations, les survivants qui avaient compté sur le bénéfice des extinctions, ont été surpris de se trouver si nombreux au partage du gâteau convoité, et un tait consolant pour l'humanité est devenu pour leurs intérêts d'argent une vraie déconvenue » . (De Courcy cité par Couteau, p. 92).
(1) Ce travail de vérifications continuelles est confié par les Compagnies d'assurances à des mathématiciens désignés sous le nom d'actuaires.
V. — Utilisation des tables de mortalité pour la fixation de la prime.
Après ces notions sur la statistique et les tables de mortalité, notions indispensables pour connaître le fonctionnement de l'assurance sur la vie, demandons-nous comment les Compagnies utilisent pratiquement les si intéressantes et laborieuses découvertes de tout ce monde de savants mathématiciens et économistes.
A quoi aboutissent, en définition, les tables de mortalité ? A l'indication pour chaque âge de la vie du taux de la mortalité. C'est cette proportion de décès pour chaque âge qui va nous permettre de déterminer le chiffre de la prime due par les assurés de chaque catégorie. Supposons un individu de 30 ans qui contracte une assurance temporaire d'un an de 10.000 francs. Si on consulte la table A. F. (des assurés français,) on constate qu'à cet âge, sur un groupe d'un million d'individus, le nombre des survivants est de 771.075 et qu'à l'âge de 31 ans il sera réduit à 765.690. Il se sera donc produit, pendant cette période d'un an, 5.385 décès; et l'assureur devra payer (10.000 x 5.385) == 53.850.000 francs. En divisant cette somme par le nombre des associés 771.075, on trouve que la part contributive à verser par chaque assuré est de 67 fr. 24 ; 67 fr. 24 est donc la prime à payer
par un assuré de 30 ans, contractant une assurance pour un an. En faisant un calcul semblable pour les années suivantes, on obtiendrait, à l'aide de la table, la prime payable à chaque âge pour une assurance annuelle, et Ton pourrait établir un tarif complet. On saurait ainsi exactement quelle prestation un assuré, étant donné son âge, devrait fournir à l'assureur comme compensation de la garantie fournie.