THÉRAPEUTIQUE
La conduite. du traitement de la primo-infection tuberculeuse conjonctivale n’est plus actuellement envisagée de la même façon qu’autrefois. Au temps où la tuberculose primitive de la conjonctive était considérée comme une affection grave, il semblait logique de s’adresser à une thérapeutique énergique et les idées alors en vogue exigeaient l’extirpation de la porte d’entrée de la maladie. Pour cela on s’adressait à l’excision, la scarification ou la cautérisation ignée. En fait, comme le fait ramarquer Bénalioua, la suppression du chancre tuberculeux ne prévient pas plus de la tuberculose que celle du chancre syphilitique n'empêche le développement de la syphilis. De toutes façons on ne peut que laisser en place l’adénopathie, foyer d’infection susceptible de se réveiller et de diffuser la maladie. D’ailleurs ce traitement n’était pas sans danger comme l’a montré Magitot dans une observation.
Aussi les auteurs sont-ils maintenant d'accord pour se borner à des médications inoffensives tant localement (pommade à l’antigène méthylique, collyres divers) qu’au point de vue général (injections de cal-
=, FQ > cium, d’antigène méthylique). Seule l’adénopathie peut demander des soins spéciaux, ponctions pour éviter la fistulisation, radiothérapie dont nous nous sommes bien trouvés dans un cas. En fait l’affection au point de vue thérapeutique est du domaine non plus de l’ophtalmologie mais de la phtisiologie. Il ne faut plus voir dans le complexe conjonctivo-prétragien qu’une primo-infection, sans tenir compte de son siège particulier, et le traiter dans ce sens. On se trouve en présence de l’entrée d’un individu dans la tuberculose et sa santé à venir dépend du traitement qui sera institué. Aussi la cure préventoriale nous paraît-elle absolument nécessaire comme dans tout autre primo-infection. Le choix de l'établissement peut d’ailleurs prêter à discussion. Faut-il envoyer ces malades à Berck comme porteurs d’une tuberculose externe ou faut-il préférer des régions à climat moins vif ? Il nous semble qu’un simple séjour de plusieurs mois à la campagne, dans de bonnes conditions d'hygiène, présente le maximum de sécurité et, en donnant ce seul conseil, le médecin aura fait plus pour son malade qu’en lui prescrivant les médications les plus savantes et les plus variées.
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