PAS
conjonctivo-prétragien. Son absence doit faire rejeter, à coup sûr, l’idée de primo-infection, sa présence au contraire est un argument considérable, sans être absolu, en faveur de ce diagnostic.
Son importance n’avait d’ailleurs pas échappé aux anciens auteurs. Déjà, Sattler, en 1877, avait remarqué que toutes les tuberculoses conjonctivales ne s’accompagnaient pas d’adénopathie, mais n’avait pu en tirer de conclusion. Poulard, dans sa thèse, s'exprime ainsi : «Il est un fait remarquable, dans beaucoup d'infections, c’est que l’adénite se rencontre exclusivement, ou d’une manière prépondérante, avec l’accident initial à la porte d’entrée de l'infection. C’est le cas de la syphilis, dont l’accident primaire est invariablement accompagné d’une adénite volumineuse, tandis que les lésions secondaires ou tertiaires évoluent sans adénopathie ou avec une réaction ganglionnaire beaucoup moins importante. Il semble en être à peu près de même pour l’infection tuberculeuse. La lésion initiale (ulcération, etc.) produit une adénite locale souvent très accentuée (piqûre anatomique, succion du prépuce des enfants juifs au moment de la circoncision, etc.), tandis que les lésions cutanées venant, par la voie sanguine, d’un point plus ou moins éloigné de notre organisme déjà infecté, ne donnent pas lieu à des réactions ganglionnaires régionales ».
Lafon, ne relevant qu’une fois l’adénopathie dans les cas de tuberculose conjonctivale bulbaire qu’il avait colligés, conclut à l’origine presque constam-
og
ment endogène de cette localisation. En 1906, Morax s'exprime ainsi: « L’adénopathie est aussi constante dans la tuberculose conjonctivale que dans le chancre syphilitique. Elle est moins constante dans la tuberculose secondaire que dans la tuberculose primitive. » Lundsgaard, en 1915, note que dans 15 observations de tuberculose conjonctivale primitive, qu’il a recueillies, l’adénopathie existe et qu’elle s’est ramollie et à dû être évacuée dans 12 cas. Igersheimer, en 1922, après avoir étudié sur le cobaye les lésions d'infection primitive et de surinfection, fait un rapprochement avec la clinique des tuberculoses conjonctivales. Il en rassemble plusieurs ob:ervations, qu’il divise en deux groupes, suivant qu’il y a ou non adénopathie. Sur 28 malades, où l’atteinte conjonctivale est nettement secondaire, il ne note que 2 fois une légère adénopathie préauriculaire. Au contraire, sur 17 sujets n’ayant aucune autre lésion tuberculeuse que la localisation oculaire, il trouve 15 fois une très volumineuse adénopathie. En 1923, Rist et Chaïllous établissent l’importance de l’adénopathie en matière de primoinfection : « L’argument le plus important, en faveur de cette thèse, est l’énorme adénopathie régionale, qui, presque dans le début, a accompagné la lésion oculaire et qui lui survit. Les tuberculoses secondaires de l’œil et de la conjonctive, comme d’ailleurs les tuberculoses secondaires en général, sont remarquables par ce fait que leur retentissement ganglionnaire est très faible ou nul. Tandis que les