‹ La prince-canicheChapitre 17 sur 46 · LE BAL · texte numérisé non relu

LE BAL

Touche-à-Toul, la jeune et blonde Tamaris, En saluant le prince, elle baissa les yeux avec tant de modestie et les releva avec une langueur si douce, que Jacinthe rougit sans savoir pourquoi. A ce moment, Tamaris se prit si malheureuse* ment le pied dans la queue de sa robe, qu'elle allait tomber si le prince ne s'était précipité pour la retenir. Une heure après cet accident, qui causa une vive émotion, le ministre n'en avait pas encore fini avec les compliments que tous les hommes lui faisaient sur son génie politique et sur les grâces de sa fille, tandis qu6 les femmes se répétaient Tune à l'autre que cette Tamaris était une impudente créature, et son père un ambitieux ou un niais. Et maintenant, sur de pareils mémoires, écrivez donc l'histoire d'un grand pays I

Au milieu de cette agitation, il y avait une femme vraiment heureuse, c'était la reine. Fière du présent, insouciante de l'avenir, elle se promenait au milieu de la foule en s'appuyant tendrement sur le bras de son fils. Son regard triomphant disait à toutes les curieuses : « Regardez-le, mesdames, il est à moi, il n'aime que moi. »►

ftS LE PRINCE-CANICHE.

Jacinthe trouva que le métier de prince était beaucoup plus agréable au bal qu'au conseil.

Aussi joua-t-il son rôle en conscience ; il ne manqua pas une danse et mena le cotillon avec un entrain royal. Il n'est pas une danseuse qui, ce soir-là, ne comprit qu'enfin les Gobemouches avaient obtenu du ciel un grand roi.

Quand Jacinthe rentra dans ses appartements, le jour commençait à paraître. Ses chiens, déjà éveillés, sautèrent après lui en se disputant ses caresses. 11 eut peine à se débarrasser de leur tendresse bruyante. Enfin il se jeta sur son lit et bientôt s'endormit, fatigué, mais charmé, et se disant tout bas qu'il est doux d'être prince et de commander partout le respect et l'amour.

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