CHAPITRE Vil
JACI.NTUE APPilERD COHMEKT ON INCULQUE AUX GOBEMOUCIIËS
LE RESPECT DE L'AUTORlTé.
Après une journée remplie de tant d'émotions, il est permis de rêver. Heureux jusque dans son sommeil, Jacinthe eut un songe enchanteur : il chassait sous les voûtes sombres d'une antique forêt. Auprès de lui, sur un cheval fougueux, Tamaris, légère et hardie comme Diane, poussait un cerf qui fuyait au loin ; le cor retentissait, les valets criaient, la meute aboyait en cadence, et tandis que Técho répétait de toutes parts ces bruits joyeux, le jeune homme, enivré, souriait à la belle chasseresse et lui tendait la main. Tout était plaisir et fête, quand un misérable chien, un caniche, sortit si brusquement d'un fossé, que le cheval, de Jacinthe s^abattit et que«.... Ja-
84 LE PRINCE-CÂRICHE.
cinthe, a demi éveillé, se jeta à bas de son lit. II faisait grand jour.
Tiré si cruellement de son rêve, le jeune prince fermait déjà les yeux pour se rendormir, quand en face de lui, dans une glace qui descendait jusqu'à terre, il aperçut le caniche son ennemi. Furieux, il voulut crier... Horreur! il aboya : le caniche, c'était lui ! Cette béte ridicule qui sautait devant un miroir, c'était le prince Jacinthe, le dernier et le plus beau rejeton de rillustre maison des Tulipes !
Au premier moment. Jacinthe eut un accès de désespoir : il maudit la fortune envieuse, il gémit, il pleura ; mais bientôt il revint au sentiment de sa dignité et défia le sort, cr Après tout, pensa-t-il, ceci ne peut être qu'une épreuve, et d'ailleurs, homme ou chien, le ciel m'a fait pour régner. Si je ne dois plus commander aux malheureux Gobemouches, au moins serai-je le roi de la race canine ! En me voyant, il n'est pas un chien qui ne reconnaisse*son maître et ne soil fier de m' obéir. Allons voir mes nouveaux sujets. »
Disant cela, Jacinthe se mira dans la glace et n'eut pas de peine à se réconcilier avec sa nou-