‹ La prince-canicheChapitre 21 sur 46 · LE RESPECT DE L'AUTORITE · texte numérisé non relu

LE RESPECT DE L'AUTORITE

qualre jours de salle de police pour cet boipme ; il a raisonné. x>

Le gardien parti, le sergent s'approcha du jeune soldai, et, le regardant d'un air paternel:

« Tu as mal fait, mon fils, lui dit-il, lu compromets ton avancement.

— C'est donc un tort que de raisonner? dit Narcisse avec impatience.

— C'est pis qu'un tort, mon fils, c'est un délit.

— Pourquoi cela, pèreLafleur?

— Pourquoi? dit le sergent, tu me demandes pourquoi? Ce n'est pourtant pas malaisé à voir, ça crève les yeux. Les plus forts ont établi qu'on ne raisonnerait pas, parce que si on raisonnait, ceux qui auraient raison seraient les plus forts^ et alors les plus forts n'auraient pas raison. Comprends-tu, maintenant?

— Tout ce que je comprends, dit Narcisse en soupirant, c'est qu'après-demain nous partons en garnison, et que si je suis demain à la salle de police, je ne dirai pas adieu à mademoiselle Giroflée.

— On y pourvoira, mon fils, dit Lafleur en tortillant sa moustache : on n'est pas encore assez vieux pour ne pas respecter un sentiment légi-

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time* Voici le caporal qui vient te relever, silence, et fie-toi à ma sensibilité. »

Tandis qu'ils causaient, Jacinthe, couché par terre et le dos meurtri, faisait d'assez tristes réflexions sur les règlements et l'obéissance. Le doute entrait dans son esprit; il en venait déjà & se demander s'il ne serait pas bon que ceux-là fissent les lois à qui on les applique. Mais l'image de la blonde Tamaris lui revint en mémoire : il chassa aussitôt ces pensers séditieux. Comment le père d'une si belle personne n'aurait-il pas été un grand ministre? D'ailleurs, était-ce un pauvre chien, coupable au moins d'ignorance, qui pou* vait juger des conceptions administratives et des visées politiques du comte de Touche«à-Tout ?

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