LA PRESSE CHEZ LES GOBEMOUGIIES
« Vous pouvez m'en croire, a-t-il ajouté ; je a n*ai aucun intérêt à défendre ni à attaquer le a pouvoir. Le roi n'a point fait appel à mon « dévouement, il a choisi des hommes nou- « veaux pour appliquer des idées nouvelles; « peut-être n'a -t-il pas eu tort. De toute façon je « ne lui en veux pas; je ne mets pas si haut mon « ambition et ma vanité, que je veuille renc(. verser un gouvernement parce que je ne suis « plus ministre. Rentré au barreau où il y a « place pour tout le monde, j'ai dit adieu aux « fonctions publiques. Mais, comme citoyen, « comme ami de mon pays, il me sera permis « de dire que le nouveau régime réussit beau- « coup mieux que je ne l'aurais espéré. De « toutes parts, le travail augmente, les associaactions se multiplient, l'instruction se répand; « la nation est heureuse de vivre, elle est fière « de son jeune roi. Les Gobemouches prennent « goût à leurs propres affaires ; ce peuple qu'on « disait indifférent s'attache à ses institutions. « Vous n'en trouverez pas un seul aujourd'hui « qui veuille échanger la tyrannie de la loi « contre la liberté administrative. De pareils « arguments ne sont pas sérieux ; c'est se mo-
a quer de nous que de nous jeter à la tête ces a paradoxes impertinents. f>
«L'opposition a hué d'importance ce renégat sans pudeur; mais, nous le disons, en rougissant pour notre pays, il s'est trouvé une majorité pour accueillir ces misérables sophismes. Et cette majorité est composée des mêmes hommes qui Tan passé applaudissaient à outrance toutes les mesures proposées par le comte de Touche-à-Tout. On croit rêver quand on assiste à ce triste spectacle. Le caprice d'un prince a suffi pour changer du blanc au noir foutes les idées, toutes les convictions, toute la politique des représentants de la nation. Nous en appelons aux électeurs. Un peuple qui changerait de la sorte, serait un peuple de girouettes et ne mériterait que le mépris. »
On lit dans la Mouche, le petit journal à la mode :
« Hier soir il y avait grande réception chez la marquise Vermiglione Vermiglioni. Pour la première fois depuis son mariage, la charmante fille du comte de Touche-à-Tout ouvrait ses salons ; elle en a fait les honneurs avec une grâce par-