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CONTE DES MILLE ET UNE NUITS
| QUE, | Sd as JS? princesse, l'avait nommé et avait assuré qu’il le connaissait ; et comme il était certain qu'il ne s'était rencontré avec lui en aucun endroit, il fut encore plus étonné des louanges
excessives qu’il venait de recevoir.
Ces louanges, néanmoins, prononcées par une bouche [l pleine de majesté, ne le déconcertèrent pas; il les reçut LE avec une modestie qui fit voir qu’il les méritait, mais qu’elles |} 4 ne lui donnaient pas de vanité. Il se prosterna devant le
trône du roi, et, en se relevant : “Sire, dit-il, je n'ai point
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de termes pour remercier Votre Majesté du grand honneur qu’elle me fait, encore moins de tant de bontés. Je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour les mériter. ”
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En sortant du conseil, ce prince fut conduit par un officier dans un grand hôtel que la princesse Badourah avait déjà fait meubler exprès pour lui. Il y. trouva des officiers
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et des domestiques prêts à recevoir ses commandements, et
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une écurie garnie de très beaux chevaux: le tout, pour
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soutenir la dignité d’émir, dont il venait d’être honoré; et quand il fut dans son cabinet, son intendant lui présenta un
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coffre-fort plein d’or pour sa dépense. Moins il pouvait
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concevoir par quel endroit lui venait ce grand bonheur,
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plus il en était dans l'admiration; et jamais il n’eut la pensée que la princesse de Chine en fût la cause. JAN
Au bout de deux ou trois jours, la princesse Badourah, A pour donner au prince Camaralzaman plus d’accès près de Ni sa personne et, en même temps, plus de distinction, le F
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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE
gratifia de la charge de grand trésorier, qui venait de vaquer.
Il s’acquitta de cet emploi avec tant d’intégrité, en obligeant
cependant tout le monde, qu’il s’acquit non seulement l’amitié
de tous les seigneurs de la cour, mais même qu’il gagna le
cœur de tout le peuple par sa droiture et par ses largesses. <e Camaralzaman eût été le plus heureux de tous les F4 hommes de se voir dans une si haute faveur auprès d’un roi AN étranger, comme il se l’imaginait, et d’être auprès de tout L le monde dans une considération qui augmentait tous les | jours, s’il eût possédé sa princesse. Au milieu de son bonheur,
Le il ne cessait de s’affiger de n’apprendre d’elle aucune nouvelle
dans un pays où il semblait qu’elle devait avoir passé depuis le temps qu’il s'était séparé d’elle d’une manière si afligeante pour l’un et pour l’autre. Il aurait pu se douter de quelque chose, si la princesse Badourah eût conservé le nom de Cama-
ralzaman, qu’elle avait pris avec son habit; mais elle l’avait changé, en montant sur le trône, et s'était donné celui
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d’Armanos, pour faire honneur à l’ancien roi, son beau-père. De la sorte, on ne la connaissait plus que sous le nom de roi
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Armanos le jeune et 1l n'y avait que quelques courtisans qui .se souvinssent du nom de Camaralzaman dont elle se faisait