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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE
Quand le prince et la princesse furent dans la chambre, où il y avait un lit, et que la porte fut fermée, la princesse tira le talisman d’une petite boîte, et en le présentant à Camaralzaman : Il n’y a pas longtemps, lui dit-elle, qu’un astrologue m'a fait présent de ce talisman; comme vous êtes habile en toutes
choses, vous pourriez bien me dire à quoi il est propre. ”? Camaralzaman prit le talisman et s’'approcha d’une bougie
pour le considérer. Dès qu’il eut reconnu, avec une surprise lKi\ qui fit plaisir à la princesse : “$ire, s’écria-t-il, Votre Majesté 77°
me demande à quoi ce talisman est propre ? Hélas! il est | propre à me faire mourir de douleur et de chagrin si je ne ] \
trouve pas bientôt la princesse la plus charmante et la plus
aimable qui ait jamais paru sous le ciel, à qui il a appartenu et ont il m'a causé la perte ! I] me l’a causée par une aventure dont il n° l tel Il l t étrange, dont le récit toucherait Votre Majesté de compassion 8€) J P En pour un mari et pour un amant infortuné comme moi, si elle Z À voulait se donner la patience de l’entendre.
— Vous m'en entretiendrez une autre fois, reprit la M princesse; mais Je suis bien aise, ajouta-t-elle, de vous dire . Hi que j'en sais déjà quelque chose : je reviens à vous, attendezmoi un moment. ” En disant ces paroles, la princesse Badourah entra dans un cabinet où elle quitta le turban royal; et, après avoir JA pris, en peu de moments, une coiffure et un habillement
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de femme, avec la ceinture qu’elle avait le jour de leur
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séparation, elle entra dans la chambre.
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CONTE DES MILLE ET UNE NUITS
Le prince Camaralzaman reconnut d’abord sa chère 7: princesse, courut à elle, et en l’embrassant tendrement : ‘Ah! s'écria-t-il, que je suis obligé au roi de m'avoir surpris si agréablement! — Ne vous attendez pas à revoir le roi, reprit la princesse en l’embrassant à son tour les larmes aux
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yeux : en me voyant, vous Voyez le roi. Asseyons-nous, que je vous explique cette énigme. ”
Ils s’assirent, et la princesse raconta au prince la résolution qu'elle avait prise dans la prairie où ils avaient campé ensemble la dernière fois, dès qu’elle eut connu qu’elle l’attendrait inutilement; de quelle manière elle l'avait exécutée jusqu’à son arrivée à l’île d’Ebène, où elle avait été obligée d’épouser la princesse Haïatalnefous et d'accepter la couronne °
que le roi Armanos lui avait offerte en conséquence de son
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mariage; comment la princesse, dont elle lui exagéra le mérite, avait reçu la déclaration qu’elle lui avait faite de son sexe, et enfin l'aventure du talisman, trouvé dans un des pots d'olives et de poudre d’or qu’elle avait achetés, qui lui avait donné lieu de l’envoyer prendre dans la ville des idolâtres. Quand la princesse Badourah eut achevé, elle voulut que le prince lui apprît par quelle aventure le talisman avait été cause de leur séparation ; il la satisfit et quand il eut fini, il se plaignit à elle, d’une manière obligeante, de la cruauté Al qu'elle avait eu à le faire languir si longtemps. Elle lui en
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apporta les raisons dont nous avons parlé; après quoi, comme