‹ La Princesse BadourahChapitre 7 sur 104 · PES · texte numérisé non relu

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ni moins raisonnable. Je ne veux pas prendre la défense des méchantes femmes : il y en a un très grand nombre, jen suis persuadée ; mais c’est une injustice des plus criantes de les taxer toutes de l’être. Eh! mon fils, vous arrêtez-vous à quelques-unes dont parlent vos livres, qui ont causé, à la vérité, de grands désordres, et que je ne veux pas excuser ? Mais, que ne faites-vous attention à tant de monarques, à tant de sultans et à tant d’autres princes particuliers, dont les tyrannies, les barbaries et les cruautés font horreur à lire dans les histoires que j'ai lues comme vous ? Pour une femme, vous trouverez mille de ces tyrans et de ces barbares. Et les femmes honnêtes et sages, mon fils, qui ont le malheur d’être mariées à ces furieux, croyezvous qu’elles soient fort heureuses ?

— Madame, reprit Camaralzaman, je ne doute pas qu’il n’y ait un grand nombre de femmes sages, vertueuses, bonnes, douces et de bonnes mœurs. Plût à Dieu qu’elles vous ressemblassent toutes |! Ce qui me révolte, c’est le choix douteux qu’un homme est obligé de faire pour se marier, ou plutôt qu’on ne lui laisse pas souvent la liberté de faire à sa volonté. Supposons que je me sois résolu à m'engager dans le mariage, comme le sultan mon père le souhaite avec tant d’impatience, quelle femme me donnera-

t-il? Une princesse apparemment, qu’il demandera à quel-

que prince de ses voisins, qui se fera un grand honneur de la lui envoyer. Belle ou laide, il faudra la prendre. Je veux

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