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BADOURAH PRINCESSE DE CHINE
bien qu'aucune autre princesse ne lui soit comparable en beauté ; qui peut assurer qu’elle aura l’esprit bien fait ; qu’elle sera traitable, complaisante, accueillante, prévenante, obligeante ; que son entretien ne sera que de choses solides, et non pas d’habillements, d’ajustements, d’ornements et de mille autres badineries qui doivent faire pitié à tout homme de bon sens; en un mot, qu’elle ne sera pas fière, hautaine, fâcheuse, méprisante, et qu’elle n’épuisera pas tout un État par ses dépenses frivoles en habits, en pierreries, en bijoux, en magnificence folle et mal entendue ? Comme vous le voyez, madame, voilà, sur un seul article, une infinité d’endroits par où je dois me dégoûter entièrement du mariage. Que cette princesse, enfin, soit si parfaite et si accomplie, qu’elle soit irréprochable sur chacun de tous ces points, J'ai un grand nombre de raisons encore plus fortes pour ne me pas désister de mon sentiment non plus que de ma résolution.
— Quoi! mon fils, repartit Fatime, vous avez d’autres raisons après celles que vous venez de me dire ? Je prétendais cependant vous répondre et vous fermer la bouche en un mot.
— Cela ne doit pas vous en empêcher, madame, reprit le prince ; j'aurai peut-être de quoi répliquer à votre réponse.
— Je voulais dire, mon fils, dit alors Fatime, qu’il est aisé à un prince, quand il a eu le malheur d’avoir épousé
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