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une princesse telle que vous venez de la dépeindre, de la laisser et de donner de bons ordres pour empêcher qu’elle ne ruine l’État.
— Eh! madame, reprit le prince Camaralzaman, ne voyez-vous pas quelle mortification terrible c’est à un prince d’être contraint d’en venir à cette extrémité ? Ne vaut-il pas beaucoup mieux, pour sa gloire et pour son repos, qu’il ne s’y expose pas ?
— Mais, mon fils, dit encore Fatime, de la manière que vous l’entendez, je comprends que vous voulez être le dernier des rois de votre race, qui ont régné si glorieusement sur les îles des enfants de Khaledan.
— Madame, répondit le prince Camaralzaman, je ne souhaite pas de survivre au roi mon père. Quand je mourrais avant lui, il n’y aurait pas lieu de s’en étonner, après tant d'exemples d’enfants qui meurent avant leurs pères. Mais il est toujours glorieux à une race de rois de finir par un prince aussi digne de l'être (car je tâcherais de me rendre tel que ses prédécesseurs) que celui par où elle a commencé. ”
Depuis ce temps-là, Fatime eut très souvent de semblables entretiens avec le prince Camaralzaman, et il n’y a pas de biais par où elle n’eût tâché de déraciner son
aversion. Mais il éluda toutes les raisons qu'elle put lui
apporter par d’autres raisons auxquelles elle ne savait que répondre, et il demeura inébranlable.
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