ACTE PREMIER
RAOUL
Si! je l'aime bien.
Alors, tu vas m'aidcr à servir le thé.
RAOUL
Non. Je viens le demander de ne pas me coucher encore. J aime mieux aller jouer avec le polit neveu de miss Jane qui est venu la voir avec sa mère, mais elle ne veut pas sans ta permission.
LIONNETTE
Eh ! bien, je permets. Va, mon enfant, va.
RAOUL
Adieu l
II court pour sortir.
LIONNETTE
Et tU SOTS COmme Cela? (Raoul salue de nouveau et veut sortir. Lionnette, lui montrant Richard.) Et monsieur Richard? Et ton
père ?
A chaque nom prononcé, Raoul passe à la personne nommée qui l'embrasse. On voit qu'il a hâte de s'en aller. Quand il arrive à JeaD, Jean le prend dans ses bras et l'embrasse avec effusion.
JEAN
Sois tranquille, je ne chiffonnerai pas ton col.
Il remet l'enfant à terre, celui-ci va de nouveau pour sortir.
LIONNETTE, qui pendant ce temps-là sert le thé.
Et moi, Raoul ?
Raoul revient sur ses pas et embrasse sa mère.
LIONNETTE, avec un soupir.
Va jouer, mon enfant, va; et amuse-toi bien.
Lionnette, une tasse dans chaque main, présente l'une à Godler, l'autre à Trévelé.
GODLER, approchant ses lèvres de la main de Lionnette.
Baiserai-je, papa?
LIONNETTE
Si vous voulez !
TRÉVELÉ.
Et moi?
LIONNETTE
Et vous aussi. Seulement prenez les tasses, parce que vous allez me brûler les mains avec le thé.
GODLER.
A vous, Nourvady ?
NOURVADY.
Merci, je ne demande rien, moi, pas même du thé.
Jean cause dans un coin avec Richard.
TRÉVELÉ.
Et la comtesse aura raison de ne jamais rien vous donner. Les gens qui ne demandent rien sont souvent ceux qui veulent trop. Sous prétexte qu'il a quarante millions...
nourvady.
Mou argent n'a rien à faire ici.