ACTE PREMIER
main. Je ne pense qu'à toi, je ne cherche que toi, je ne rêve qu'à toi. Quand je te soupçonne, c'est que je t'aime. Quand tu n'es pas là, je ne vis pas; quand je te retrouve, je tremble comme un enfant. Je t'en supplie, ne joue jamais avec cet amour à la fois profond et inquiet. Je ne te demande pas de m'aimer plus que tu ne peux aimer, mais n'en aime pas un autre plus que moi. Tu ne sais pas, je ne sais pas moi-même ce qui pourrait en résulter. Quand je pense à l'avenir, j'ai le vertige. (D'une voix basse et chaude.) Je t'adore ! je t'adore !
Pendant les derniers mots, Nourvady est rentré en scène, il a regardé Jean et Lionn;tte, et il prend son chapeau. Godler et Trévelé le suivent.
LION NETTE
Ne parle pas si bas, on t'entendrait
JEAN
Embrasse-moi, alors.
LION NET TE
Comment, que je t'embrasse. Ici !
JEAN
Ici!
LION NETTE
Devant tout le monde?
JEAN
Devant lui.
Encore! Prends garde, tu lui fais bien de l'honneur.
JEAN
C'est une idée que j'ai.
LIONNETTE
Tu le veux?
JEAN
Oui.
LIONNETTE
Tu le sais, il ne faut me défier de rien.
JEAN
Je t'en supplie.
LIONNETTE
Une fois, deUX fois, trois fois. (L'embrassant sur les deux joues.)
Tant pis pour toi. Tiens !
GODLER, riant.
Hé! mes amis, hé! Vous avez décidément une manière à vous de recevoir.
LE DOMESTIQUE, entrant.
On demande monsieur le comte.
GODLER.
Trop tard, mon garçon, trop tard. Il fallait arriver une minute trop tôt.
LE DOMESTIQUE
Monsieur dit?
GODLER.
Allez, allez 1 Ce serait trop long à expliquer.