‹ La Princesse de BagdadChapitre 17 sur 57 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

main. Je ne pense qu'à toi, je ne cherche que toi, je ne rêve qu'à toi. Quand je te soupçonne, c'est que je t'aime. Quand tu n'es pas là, je ne vis pas; quand je te retrouve, je tremble comme un enfant. Je t'en supplie, ne joue jamais avec cet amour à la fois profond et inquiet. Je ne te demande pas de m'aimer plus que tu ne peux aimer, mais n'en aime pas un autre plus que moi. Tu ne sais pas, je ne sais pas moi-même ce qui pourrait en résulter. Quand je pense à l'avenir, j'ai le vertige. (D'une voix basse et chaude.) Je t'adore ! je t'adore !

Pendant les derniers mots, Nourvady est rentré en scène, il a regardé Jean et Lionn;tte, et il prend son chapeau. Godler et Trévelé le suivent.

LION NETTE

Ne parle pas si bas, on t'entendrait

JEAN

Embrasse-moi, alors.

LION NET TE

Comment, que je t'embrasse. Ici !

JEAN

Ici!

LION NETTE

Devant tout le monde?

JEAN

Devant lui.

Encore! Prends garde, tu lui fais bien de l'honneur.

JEAN

C'est une idée que j'ai.

LIONNETTE

Tu le veux?

JEAN

Oui.

LIONNETTE

Tu le sais, il ne faut me défier de rien.

JEAN

Je t'en supplie.

LIONNETTE

Une fois, deUX fois, trois fois. (L'embrassant sur les deux joues.)

Tant pis pour toi. Tiens !

GODLER, riant.

Hé! mes amis, hé! Vous avez décidément une manière à vous de recevoir.

LE DOMESTIQUE, entrant.

On demande monsieur le comte.

GODLER.

Trop tard, mon garçon, trop tard. Il fallait arriver une minute trop tôt.

LE DOMESTIQUE

Monsieur dit?

GODLER.

Allez, allez 1 Ce serait trop long à expliquer.

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