ACTE PREMIER
JEAN, au domestique.
Qui est-ce qui me demande?
LE DOMESTIQUE
C'est un clerc de M. Richard.
JEAN
C'est bien, j'y vais, (a Godier et à Trévcié.) Je reviens tout de suite.
GODLER.
Faites donc! faites donc!
Godier et Trêvelé accompagnent un peu Jean dans la chambre au fond où ils restent à causer quelques instants en vue du public, et quand Jean est sorti, où ils se promènent pendant la scène de Lionnette et de N'ourvady.
NOURVADY va à Lionnette, son chapeau à la main.
Adieu, comtesse.
LIONNETTE
Vous nous quittez, monsieur?
NOURVADY.
Oui, votre maison est dans une agitation visible. 11 y a moins d'indiscrétion a s'en apercevoir qu'à rester.
LIONNETTE
Quand vous reverrons-nous?
NOURVADY.
Jamais !
LIONNETTE
Vous partez?
NOURVADY.
Non, mais je ne reviendrai plus ici..
LIONNETTE, riant.
Vous avez mal dîné?
NOURVADY.
Faites-moi l'honneur de m'écouter jusqu'au bout.
GODLER, à Trévelé, en voyant Lionnette se rasseoir et Nourvady se rapprocher d'elle.
Allons bon ! à l'autre maintenant.
NOURVADY.
Je VOUS aime. (Mouvement de Lionnette.) VOUS le Savez, et VOUS
avez dû prévoir que je vous le dirais un jour!
LIONNETTE
Oui, il n'y a pas cinq minutes que nous en parlions, mon mari et moi.
NOURVADY.
Ne riez pas. Vous sentez, au ton de ma voix, que je suis très sérieux. Je vous aime passionnément. Vous ne m'aimez paa, vous ne pensez même pas à moi; il est probable que vous ne m'aimerez jamais. Je n'ai rien de ce qu'il faut pour troubler une femme comme vous, — excepté la fortune.
LIONNETTE, se levant pour se retirer.
Monsieur.
NOUUVA J)Y.
Patience! Je ne puis pas avoir l'intention de vous manquer de respect, puisque je vous aime. Vous êtes rui-