ACTE DEUXIÈME
LE COMMISSAIRE, à un des agents.
OliVrCZ. (L agent lui donne les papiers qu'il trouve dans le meuble. Le commissaire parcourt ces papiers.) Ces papiers ne SOIlt pas tOllt à
fait en règle ; c'est une acquisition faite en votre nom, mais vous ne l'avez pas ratifiée, et il y manque votre
Signature. (Il parle en portant les papiers à Lionnette.)
LION NETTE, prenant les papiers et signant.
Elle y est ; et comme M. le comte de Hun et moi nous sommes mariés sous le régime de la séparation de biens et qu'il m'a donné légalement le droit d'acquérir et de disposer, je ne sais pas ce qu'il vient faire ici, chez moi.
JEAN, menaçant.
Madame !
LE COMMISSA IRE
Silence, monsieur, je vous en prie. (Dictant.) Nous nous sommes présenté à la maison qui nous a été indiquée comme étant un des domiciles de M. Nourvady. Notre visite était prévue et ordre avait été donné aux serviteurs de n'ouvrir à personne. Après trois sommations légales de notre part et trois refus des personnes enfermées dans une chambre du premier étage, nous avons enfoncé la porte et nous avons trouvé dans cette chambre un homme et une femme qui ont reconnu être, l'homme, M. Nourvady, la femme, madame la comtesse Lionnette de Hun. Ladite dame* lorsque nous avons attribué à M. Nourvady la propriété de l'hôtel, nous a déclaré formellement et fourni les preuves notariées qu'elle était propriétaire de l'hôtel où nous la trouvions, et elle a affirmé que M. Nourvady était en visite chez elle.
JEAN
Veuillez ajouter,. monsieur, que j'ai renié toute participation à la propriété de cet hôtel, acquis sans mon consentement par des moyens illégitimes qui seront des preuves a la charge de la coupable.
LE COMMISSAIRE, au secrétaire.
Consignez la déclaration de M. le comte de Hun. (Dictant.) Après les refus qui nous ont été faits d'abord par les gens de la maison, puis par M. Nourvady... C'est bien vous, monsieur, qui avez refusé d'ouvrir cette porte? in se tourne
vers Nourvady.)
Oui, monsieur.
LE COMMISSAIRE
Après le refus fait et réitéré à trois reprises par M. Nourvady de nous ouvrir la porte de la chambre dans laquelle il était enfermé avec madame la comtesse de Hun, bien que, d'après la déclaration de cette dernière, il ne fût pas chez lui, mais chez elle, et qu'elle seule eût dû, par conséquent, prendre la parole en cette circonstance; après ces refus réitérés, rien ne nous a fourni les preuves évidentes du délit que le plaignant voulait nous faire constater.
En parlant ainsi, lo commissaire a parcouru la scène regardant les meubles et soulevant les portières qui séparent le salon des autres chambres.
JEAN
La présence de madame dans cette maison suffît pour prouver le crime.
U: COMMISSAIRE
Non, monsieur.