SCÈNE II Les Mêmes, RICHARD
RICHARD, bas, à Jean.
Je sais tout, monsieur le comte.
JEAN, haut.
Ces messieurs aussi...
RICHARD, saluant.
Messieurs ! (a Jean.) J'ai reçu un mot de la comtesse qui me priait de passer tout de suite chez le commissaire de police prendre copie du procès-verbal, comme avoué chargé de ses intérêts dans le procès qui aura lieu. Elle me donnait rendez-vous.
JEAN
Où cela ?
RICHARD
Ici. Elle savait bien que je ne serais pas allé autre part.
JEAN
Alors, elle est là ?
RICHARD
Oui.
JEAN
Vous l'avez vue?
RICHARD
Non ; mais le valet de chambre me l'a dit, et il est allé la prévenir. Je voulais vous voir en attendant.
JEAN
Et les gens savent déjà?
RICHARD
Rien, rien du tout. Le commissaire de police a défendu toute communication aux journaux, et ce n'est ni la comtesse, ni vous, ni M. Nourvady, ni nous, n'est-ce pas, messieurs? qui révélerons quoi que ce soit de cette triste affaire. Les domestiques de la maison des Champs-Elysées savent ce qui s'est passé, mais ils ignorent le nom de la femme. Le scandale sera bien assez grand au moment du procès. Inutile d'initier le public avant.
JEAN
Eh ! bien, vous le voyez, l'affaire est bien simple. Nous étions séparés de biens, madame de Hun et moi ; nous
serons séparés de corps et nous ne nous reverrons
plus, voilà tout.
LA FEMME DE CHAMBRE, entrant.
Madame la comtesse fait dire à monsieur Richard quo lorsqu'il aura fini de causer avec M. le comte, elle sera heureuse de le voir
JEAN, à la femme de chambre.
Dites à madame la comtesse que M. Richard ira la retrouver dans quelques minutes. (La femme de chambre sort.) Ah ! Elle a fie l'audace. Quand une femme a pris son parti de l'infamie et du déshonneur, c'est effrayant, (a Richard.) Dites-