‹ La Princesse de BagdadChapitre 48 sur 57 · SCÈNE II Les Mêmes, RICHARD · texte numérisé non relu

SCÈNE II Les Mêmes, RICHARD

RICHARD, bas, à Jean.

Je sais tout, monsieur le comte.

JEAN, haut.

Ces messieurs aussi...

RICHARD, saluant.

Messieurs ! (a Jean.) J'ai reçu un mot de la comtesse qui me priait de passer tout de suite chez le commissaire de police prendre copie du procès-verbal, comme avoué chargé de ses intérêts dans le procès qui aura lieu. Elle me donnait rendez-vous.

JEAN

Où cela ?

RICHARD

Ici. Elle savait bien que je ne serais pas allé autre part.

JEAN

Alors, elle est là ?

RICHARD

Oui.

JEAN

Vous l'avez vue?

RICHARD

Non ; mais le valet de chambre me l'a dit, et il est allé la prévenir. Je voulais vous voir en attendant.

JEAN

Et les gens savent déjà?

RICHARD

Rien, rien du tout. Le commissaire de police a défendu toute communication aux journaux, et ce n'est ni la comtesse, ni vous, ni M. Nourvady, ni nous, n'est-ce pas, messieurs? qui révélerons quoi que ce soit de cette triste affaire. Les domestiques de la maison des Champs-Elysées savent ce qui s'est passé, mais ils ignorent le nom de la femme. Le scandale sera bien assez grand au moment du procès. Inutile d'initier le public avant.

JEAN

Eh ! bien, vous le voyez, l'affaire est bien simple. Nous étions séparés de biens, madame de Hun et moi ; nous

serons séparés de corps et nous ne nous reverrons

plus, voilà tout.

LA FEMME DE CHAMBRE, entrant.

Madame la comtesse fait dire à monsieur Richard quo lorsqu'il aura fini de causer avec M. le comte, elle sera heureuse de le voir

JEAN, à la femme de chambre.

Dites à madame la comtesse que M. Richard ira la retrouver dans quelques minutes. (La femme de chambre sort.) Ah ! Elle a fie l'audace. Quand une femme a pris son parti de l'infamie et du déshonneur, c'est effrayant, (a Richard.) Dites-

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