SCÈNE IV LIONNETTE, NOURVADY, puis RAOUL
LIONNETTE
Vous paraissez tout troublé.
NOURVADY.
C'est à cause de vous.
Je croyais que vous ne vous troubliez jamais ! C'est la scène de tantôt qui vous a agité !
NOURVADY.
D'abord...
LIONNETTE
Le fait est que vous avez dû être humilié par la façon d'entrer de ce commissaire ! et les millions n'y pouvaient rien. Moi, je suis tout à fait remise. Vous m'aimez toujours?
NOURVADY.
Vous le demandez.
LIONNETTE
On ne sait pas. Le cœur change si vite; vous voyez, ce matin je ne vous aimais pas ; il n'est pas cinq heures et je
VOUS aime. (Elle sonne deux fois violemment.)
NOURVADY.
Vous êtes fiévreuse, vous aussi...
LIONNETTE
Ça passera...
A la femme de chambre qui est entrée.
Apportez-moi ce qu'il faut pour sortir.
NOURVADY.
Votre mari est dans cette maison ?
Oui.
NOURVADY.
Vous l'avez vu?
LIONNETTE
Non . . .
NOURVADY.
C'est pourtant pour vous voir qu'il y est revenu.
LIONNETTE
Pas plus que je n'y suis venue pour le rencontrer. Nous habitions ici, nous partons tous les deux, chacun de notre côté, nous venons chercher ce qui nous appartient. 11 est évident, que lui et moi, nous aimerions mieux, en ce moment, être autre part. C'est vous qui ne devriez pas être ici ; mais, depuis ce matin, c'est curieux, nous sommes tOUS OÙ nOUS ne devrions pas être. (A la femme de chambre qui rentre.) C'est bien, mettez Ça là ! (La femme de chambre dépose un chapeau, des gants, un manteau de voyage et sort.)
NOURVADY.
Je suis retourné à votre hôtel, espérant vous y retrou-