‹ La Princesse de BagdadChapitre 55 sur 57 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

RAOUL

Où vas- lu ?

LIONNETTE

Je sors.

RAOUL

Quand reviendras-tu ?

Je ne sais pas.

RAOUL

Aujourd'hui?

LIONNETTE

Aujourd'hui.

Emmène-moi.

LIONNETTE

C'est impossible.

Pourquoi? Il fait si beau !

LIONNETTE

Je vais trop loin. Je t'enverrai des joujoux, sois tranquille.

RAOUL

J'aime mieux aller avec toi.

LIONNETTE

Impossible, te dis-je. Allons, laisse-moi passer.

RAOUL

Non.

LION NET TE

Il le faut, mon enfant.

NOIR Y AD Y, très agiti, très impatienté pendant cette scène, et qui a marché à droite et à gauche, pour voir si quelqu'un venait.

Voilà quelqu'un.

LIONNETTE, an peu plus dure.

Voyons, laisse-moi.

RAOUL

Non.

Il se plante devant sa mère.

NO U RVAD Y, prenant l'enfant par le bras et le jetant loin de lui.

Mais laisse-nous donc !

L'enfant tourne sur lui-même, tombe et reste sans mouvement, Lionnotte s'arrête, regarde avec stupeur ce qui s'est passé, recule, preni sa tête dans ses mains, pousse un cri déchirant et sj jette sur Nourvûdy, qu'elle saisit à la gorge, comme pour l'étrangler.

LIONNETTE

Misérable! misérable!

NO lit Y AI) Y, qu'elle a trappe â l'épaule, qui se sjnt défaillir et qui ne veut pas se cb'fendre, d'une voie affaiblie.

Vous me faites mal.

LIONNETTE, le lâchant.

PiiiLcz! parlez.. le vous étrangle. Je vous tue. Mon enfant! mon enfant!

Elle pousse plusieurs fris et se jette â corps perdu sur son onfnnt.

RICHARD, qui est entré pendant cette scène, à Nourvady.

Partez, monsieur, parlez, au nom du ciel ! assez de malheurs comme cela.

Il fait disparaître Nourvady

RAOU L, se relevant à moitié.

Je n'ai rien... maman... je n'ai rien, je t'assure.

Lionnelte. à genoux, pressant la létc de Raoul contre son sein cl l'embrassant avec rage, sanglote sans pouvoir s'arrêter.

RICHARD, près d'elle.

Sauvée! vous êtes sauvée!

LION NETTE, avec des sanglots saccadés accentuant chaque mot.

Oui, oui, oui, sauvée! (a Richard.) Ah ! j'étais folle... j'étais folle!... Mais quand cet homme a porté la main sur mon enfant, c'est effrayant ce qui s'est passé en moi ! Je ne sais pas comment je ne l'ai pas tué. Qu'est-ce que c'est qu'un homme en lutte avec une mère. Car je suis une mère, je le suis... Oh ! je sentais bien au fond que cela ne pouvait pas être. Richard, vous aviez deviné, vous. Les honnêtes gens, ça devine !... Ils veulent les lettres démon père, c'est bien, ils les auront, vous vendrez tout, vous paierez, vous rembourserez ce monsieur. Tout sera dit. Allez chercher mon mari. (Richard sort.) Je veux le voir avant de mourir, car je vais mourir, je le sens bien.

Elle laisse tomber sa tête sur le dos du canapé et perd à moitié connaissance.

RAOUL, montant sur le canapé, prenant la tète de sa mère dans ses mains et l'embrassant :

Maman, maman, maman... ne meurs pas, je t'en prie.

L 1 0 N N E T T E, revenant à elle.

Non, non, je vivrai puisque je t'aime ! . .

Elle le couvre de baisers et ne voit pas Jean qui rentre avec Richard qui lui montre le tableau. Jean recule ne comprenant pas encore. Godler et Trévele regardent et rejoignent Jean, qui ne peut détacher ses yeux du groupe de la mère et de l'enfant. Richard touche l'épaule de Lionnette qui se retourne et qui voit Jean.

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