‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 144 sur 269 · Le même à lu mcmc, 17 novembre i77<j. /</., ibid · texte numérisé non relu

Le même à lu mcmc, 17 novembre i77<j. /</., ibid

iç)6 LA PRINCESSE DE LAMBALLE

avec la comtesse de Polignac. « Il était bien rare que M™" de Lamballc fût admise à ces moments particuliers ^ » ; aussi ne sortait-elle guère. La retraite à laquelle elle se contraignait fut mal interprétée. « Jolie comme un ange, veuve à vingt ans,., devenant plus particulièrement l'objet des séductions des plus aimables courtisans... il eût été presque impossible qu'elle ne livrât pas son cœur à de tendres sentiments », dit le comte d'Espinchal-, un familier de Marie-Antoinette. S'il était tant que ces présomptions fussent vraies, rheureux homme qui avait su plaire à la princesse ne s'était pas vanté de sa conquête, car il ne courait à la Cour que de vagues rumeurs. Mais, pendant le séjour à Marly, comme la surintendante était souffrante au point que certains la croyaient atteinte c( du mal de poitrine^ », conime elle était triste aussi de l'abandon où la laissait la reine, on insinua qu'il se pourrait bien qu'elle

I. Le même à la même, 17 novembre 1779. Id., ibid. ■2. Comte d'Espinchal. Notes historiques sur la famille royale et les princes..., op. cit. BIss. 32i de la Bibl. de Clermoni-Ferrand. ■ 3. Cf. Lettres de M. de Kageneck au baron Alslrômer.

SURINTEND.VNTE 19;

fût enceinte \ C'était une calomnie; et il fut facile à la princesse de le prouver en se montrant dans le parc et en montant à cheval, presque chaque jour. Ensuite, écoutant, un peu tard, les conseils de ses amis, elle fut prise du désir de procurer, coûte que coûte, des divertissements à Marie- Antoinette. Elle réunit chez elle une société nombreuse et bruyante et permit que le jeu y fût plus effréné qu'ailleurs. On jouait tard dans la nuit, parfois jusqu'au matin. Dans une séance, le duc de Chartres perdit 8.000 louis et, durant les quinze jours que la Cour demeura à Mai'ly, le chevalier de Chalabre, qui tenait ordinairement la banque, en gagna 19.000.

La reine s'était amusée, mais elle avait perdu ; puis, comme, de tous côtés, on lui reprochait son goût pour le jeu, elle était peu satisfaite d'ellemême, toute honteuse de n'avoir pas résisté à la tentation et, pour se disculper à ses propres yeux, « elle désapprouva ce qui s'était passé chez la

I. Plusieurs pamphlets parurent qu'il serait malséant de reproduire ici. Voyez, par exemple, le manuscrit de la Bibl. de Versailles. Coté qS F.

surintendante et lui en marqua même son mécontentement* ».

Marie-Antoinette, comme on voit, n'est guère indulgente à la princesse de Lamballe. Il n'y a que sur M"'* de Polignac qu'elle « se fasse illusion ». Elle ne la peut quitter ; elle lui accorde tout ce qu'elle demande et, en 1780, lorsque, la comtesse se retire à Passy « pour ses couches », la reine va s'établir pendant neuf jours au château de la Meute, pour être plus près de son amie Elle arrive, le matin, chez la jeune mère, elle y dîne, y passe la journée entière, y conduit même le roi, faveur insigne, car c'est la seule maison oii, depuis qu'il règne, il soit entré'.

Ouand M"'*" de Polis^nac revient à Versailles, la reine est si contente de la revoir, qu'elle consent à se retirer, avec elle et quelques amis, à Trianon . A Trianon, on mène la vie de château. Les deux femmes se promènent ensemble dans le jardin anglais oii la rivière serpente parmi les peupliers

1. Cf. Mercy à Marie-Thérèse, 17 novembre 1779. Correspondance secrète entre..., op. cit.

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