I. Au pi'intcmps de l'année
SailTcrt lui ordonna d'aller faire une saison de bains de mer à Brighton, en Angleterre.
M™^ de Lamballe hésita longtemps à se mettre en route ; l'usage des bains de mer étant peu connu en France, elle avait peur du ridicule et, aussi bien, ne voulait pas partir si loin sans son médecin. Celui-ci ne pouvait se résoudre à abandonner sa clientèle et, malgré les 20.000 livres que, pour le dédommager, la princesse lui fit offrir par le duc d'Orléans \ il persista dans son refus. Mais M'"" de Lamballe était capricieuse et entêtée. Elle était effrayée de s'en aller toute seule : « Non, non, disait-elle à Saiffert qui lui avait donné une lettre pour un de ses confrères anglais, non, non, je ne veux être soignée que par vous. Si vous ne venez pas avec moi, je préfère ne pas partir et continuer à vivre avec ma faiblesse, qui est désagréable, mais non douloureuse. »
Le docteur refusait toujours, La princesse pleurait, suppliait; elle serait tombée malade. A la fin,
I. Leduc de Chai-tres avait pris le nom de duc d'Orléans depuis la mort de son père.
2'i6 LA PRINCESSE DE LAMBALLE
Saiflert, apitoyé et auquel furent promis dimportants honoraires, se décida à accompagner sa cliente en Angleterre.
M*"" de Lamballe partit la première. Avant son départ, la reine vint la voir à Thôtel de Toulouse. Il n'était pas neuf heures du matin; aussi, « jugea-t-on qu'il y avait des affaires de très grande importance entre Sa Majesté et la surintendante ». On fit « des conjectures à perte de vue » sur ce voyage en Angleterre. « L'opinion la plus générale était que la princesse était chargée d'une mission importante auprès de Galonné* ». Mais Galonné était en Hollande et M"" de Lamballe, incapable d une mission quelconque, ne pensait guère, alors, qu'à aller se soigner. Son médecin la vint rejoindre à Galais, au moyen dune vigilante que Maiie- Antoinette avait mise à sa disposition. Ils s'embarquèrent ensemble et arrivèrent à Brighton dans les premiers jours du mois de juillet.
Brighton, jadis importante place de guerre,