‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 156 sur 269 · DANS LA TOURMENTE · texte numérisé non relu

DANS LA TOURMENTE

C'est le 4 niai 1789. II est enfin arrivé ce jour tant désiré où doit se célébrer, par une procession solennelle, louverture des Etats-Généraux ! Versailles est en fête. Les rues, désertes à Fordinaire, les avenues spacieuses de la cité royale sont encombrées d'une foule joyeuse et confiante. II fait beau. Les maisons sont tendues de tapisseries ; des bannières flottent aux fenêtres et, lorsque, en cottes de velours violet parsemées de fleurs de lys d'or, les hérauts d'armes proclament

Tordre du roi, ils sont accueillis par des bravos'. Vers dix heures du matin, M"^ de Lamballc arrive en carrosse, avec les autres princesses du sang, à Téglise de Notre-Dame. C'est là que se jorme le cortège. Les députés du Tiers ouvrent la marche Ils sont vêtus de noir avec un petit manteau de soie et le rabat affecté aux gens de justice. La Noblesse vient après, en habit à parements d or et chapeau relevé à la Henri IV. Les évêques, en rochet et en camail, soutane violette, et bonnet carré, entourent le Saint-Sacrement. La procession, par la rue Dauphine, la place d'Armes et la rue de Satory, gagne Téglise Saint-Louis, oiî doit avoir lieu la bénédiction. Le roi suit, un cierge à la main, dans un costume couvert de pierreries. Mai'ie-Antoinette est magnifiquement vêtue -. Elle porte haut sa tête ornée de roses ; elle paraît triste, mais son maintien est « noble et digne ^ ». On applaudit le Tiers-Etat, on salue le duc d'Orléans qui a voulu défiler avec les députés de son bailliage',

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