Cf. Mémorial de G. Morris, op. cit., t. I
4. Cf. Ibid.; Mémoires de M.'^" Campan; Correspondance littéraire de Grimm, etc.
2^0 LA PniNCKSSE DE LAMI5ALLE
Cet enthousiasme dura plusieurs semaines encore. Chacun admirait la véhémence de Mirabeau, léloquence de Barnavc. Mais, après la séance royale du 23 juin, l'agitation commença et, le soir du I I juillet, quand il apprit le renvoi de Necker, le peuple de Paris se souleva.
M™" de Lamballc était à Thôtel de Toulouse, tout proche du Palais-Royal. Les cris de la populace, le grondement du toscin, les appels aux armes, arrivaient jusqu'à elle. Elle eut si peur qu'elle se coucha, tremblante et glacée. Ses dames essayèrent de la rassurer; ce fut en vain. Elle était prise d'une terreur folle, maladive. Ses dents claquaient, ses membres commençaient à se raidir. Craignant que les convulsions ne reparussent, on envoya chercher le docteur Saiffert, qui resta auprès d'elle pendant les trois jours que dura l'émeute . La pauvre princesse ne parlait, ni ne bougeait; mais, chaque fois qu'elle entendait ce cri : « Vive le duc d'Orléans ! », elle avait un sursaut d'épouvante i.
1 . Cf. D'' Saiffert. Kranklieitgeschichte dcr prinzessin fon Lamballe, op. l'it. Cf. aussi, sur le séjour de la princesse à Paris, lors de la
LES DKnUTS DE LA ['.EVOLUTION m
Et voici que. le soir du i [ juillet, le duc se faisait annoncer chez sa belle-sœur. Elle crut d a- Ijord à une mystification et refusa sa porte. Mais le prince insistait ; elle lui fit répondre qu'elle était malade. 11 voulut entrer quand rnème et « s'établit chez elle jusqu'à onze heures du soir, montrant de l'inquiétude, s'informant à chaque instant des nouvelles ' ;). Aul ne savait oii se cachait 1 homme qu'on acclamait et dont le buste avait été triomphalement promené dans les rues de Paris et il est bien probable que, s il avait préparé Témeute, il ne la dirigeait pas, comme on le lui a reproché, puisque, pendant tout le temps qu il resta à 1 hôtel de Toulouse, personne ne ^ iiit j)Our hii parler *.
Après la prise de la P)a> tille, après le meurtre de de Launay et de Flesselles, les insurgés avaient dressé la liste de ceux qu ils destinaient aux masprise de la Bastille, les lettres qu'elle écrivait à sa cousine, la landgràfin de Uesse Rheinfels-Rothembourg', publiées parCh. Schmidt. Revue de la Révolution française, t. XXXLK. 1900.
1. Mémoires de M""» de la Rochejaquelein. (M"" de la Rochejaquelein tient cette anecdote de sa parente, la marquise de Las- Cases, dame d'honneur de la prince de Lamballe.)