Cf. Ibid
aSa LA PRINCESSE DE LAMRALLE
sacres. Le comte (rArlois, le prince de Condé, les Polignac, le baron de Breteuil, Foulon, Broglie, d'autres encore étaient sur Ja liste fatale*. Alors, une panique s'empara de ces hommes, de ces femmes qui avaient été les compagnons de plaisirs et de triomphe de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Ils avaient accepté des faveurs, occupe des charges importantes à la Cour. Au moment du danger, à la première alarme, ils s'esquivaient, emportant leur patrie dans leur cocarde blanche,
« Tout ce beau monde émigré », s'en va en Italie, en Savoie, en Angleterre, en Belgique. Des le iG juillet, le prince de Condé a fui, ainsi que le comte d'Artois, le duc de Bourbon et le duc d'Enghien-. Les ministres compromis. Messieurs de Barentin, de Villcdeuil, de la Vauguyon, quittent la France et l'abbé de Vermond abandonne son élevée La duchesse de Polignac donne sa
1. Cf. Mémoires de Malouet; Mémoires du marquis de Ferrières ; Mémoires de M''^ Campan.
2. Cf. Le livre de Raison de M™» de Lage, cité par la comtesse deReinach-Foussemagne. Une fidèle. La marquise de Lage de Volude Cf. aussi Louis XVI, Marie-Antoinette et Madame Elisabeth, t. IV.
3. Cf. Lettre de Mercy à Kaunilz. ai juillet 1789, citée par J. Flammermont. Relations inédites de la prise de la Bastille.
démission de gouvernante et obéit, sans résistance, à la prière de la reine qui Icxhorte à s éloigner avec tous ses parents i. « Chacun j^art- ». Par jour, la municipalité de Paris délivre deux cents passe-ports \ C est une fuite éperdue, un décampativos* stupide et criminel. On laisse le roi et la reine captifs de leurs ennemis, isolés en face du flot montant de la Révolution triomphante.
La princesse de Lamballe, elle, était restée. Ce nVst pas qu'elle fût plus brave que les autres. Elle était peureuse, au contraire, effrayée à la moindre émeute. Mais elle croyait fermement que ceux qui s enfuyaient et qui s'étaient toujours montrés ses ennemis avaient, en poussant Louis XVI à une maladroite résistance, précipité les troubles et elle pensait que leur départ allait aplanir les difficultés'. Puis, elle se sentait en
I . « A minuit, la duchesse reçut un petit mot de la reine : « Adieu lu plus tendre des amies ! que ce mot est affreux ! mais il est nécessaire. Adieu! je n'ai que lu force de vous embrasser. » (Comtesse Diane de Polignac, Mémoires sur la vie et le caractère de la duchesse de Polignac).
■2. L'abus des mots, i^yo.
j. Cf. Adresse aux proviiices ; ï Observateur, 1789, etc.