‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 208 sur 269 · Vicomte de Reiset · texte numérisé non relu

Vicomte de Reiset

DES TUILERIES A LA PETITE FORCE 3i3

elle les ce enragés », avec qui Marie- Antoinette veut être en relations', et il n'est i)as sûr que Danton, Robespierre, Pétion ne soient pas venus au pavillon de Flore'. Rien ne coûte à M""^ de Lamballc : « plus le danger augmente et plus elle se sent de force... elle est prête à mourir..., elle ne craint rien^ » et elle fait preuve d'une étonnante présence d'esprit au milieu de cette Cour où se remarquent le « laisser-aller et Findécision qui suit souvent les grands malheurs' ».

I. Marie-.Vntoinette à Fersen, 19 octobre I7<)i ; Le comte de Fersen et la Cour de France. Le comte d'Espinchal dit aussi : « C'est chez M'"» de Lamballe que se réunissaient les fidèles serviteurs du roi parmi lesquels il se trouvait des gens moins surs, mais que l'on croyait devoir ménager. [Notes du comte d'Espinchal, manuscrit cité.)

•1. D'' Saiffert. Robespierre dcr Republicaner. Cet article, dont nous avons donné la traduction dans le Temps du 14 septembre 1910, a été publié en allemand dans les Posselt's Europaieschen Anna/en en 1804. 11 complète les passages d'un livre de SaifTert qui parut à Paris à la même époque : Heiirie^e zur ubscltaftlichen Arzneilehre.

Dans son article, Saiffert attaquait Robespierre avec violence. Il fut traité de fou et de menteur par un auteur anonyme qui adressa une lettre de protestation au directeur des Annales. Mais, quelques jours après, dans la même revue, le musicien Cramer publiait une autre lettre fort longue où il se faisait « l'avocat et le défenseur de son ami » Saiffert.

Nous reviendrons sur cette polémique et sur l'article du médecin de M"'° de Lamballe.

'j. Mémoires de M'"» de la llochcjaquelein.

-4. La Marck à Mercy, 10 octobre 1791. (Correspondance entre le comte de Mirabeau et le comte de la Marck).

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« Quelque idée qu'on puisse se former de ces malheurs, l'imagination ne peut les atteindre. Il faut avoir eu le tourment d'en être témoin pour en concevoir toute l'horreur^ » : « avoir sans cesse à craindre pour les siens, ne pas s'approcher d'une fenêtre sans être abreuvé d'insultes, ne pouvoir conduire ù l'air de pauvres enfants sans exposer ces chers innocents aux vociférations. .., quelle position " » ! « On faisait un crime à la famille royale de distinguer quelqu'un : celui qui éprouvait, de sa part, quelque accueil ou quelque préférence, dès ce moment, était suspect et surveillé' ». Le dénùment des prisonniers était extrême ; il leur était arrivé de rester plusieurs jours sans argent*. Ils n'osaient pas toucher aux mets qu'on leur a23portait, de peur qu'ils ne fussent empoisonnés et, à toute heure, ils s'attendaient à être massacrés ^

I. Le prince de Nassau à Catherine II, i6 décembre 1792. [Louis XVI, Marie-Antoinette et Madame Elisabeth.)

1. Lettre de Marie-Antoinette à M'"" de Polignac, citée par Beauchesne. Louis XVII, t. I.

3. Marquis de Clermont-Gallerande. Mémoires particuliers pour servira l'histoire de la Révolution, t. III.

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