‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 259 sur 269 · Cf. Mémoires de Weber · texte numérisé non relu

Cf. Mémoires de Weber

SETTEMURE S'jg

En enliant dans le Ijureau du greiTe, M""^ de Lamballe, effrayée à Fhonible et terrifiant aspect de cette salle d'audience, s'était évanouie*. Ainsi n'eut pas lieu l'interrogatoire souvent publié et, aussi bien, n'est-il resté ni papier, ni note, ni texte authentique de ces jugements de septembre qui, comme l'a fort bien dit M. Lucien Lambeau", « s'enregistraient à coups de sabre ' ; c'était plus simple et surtout moins dangereux pour les conséquences ultérieures ».

Quand les juges de ce singulier tribunal rendaient un verdict d'acquittement, celui qui était déclaré innocent recevait l'accolade du président, puis deux hommes armés le conduisaient jusqu'à la

1. Cf. D" Saifferl. Hohespierre der Rcjniblicaner : a Deux gardiens de la prison que je connaissais parfaitement, m'affirmèrent chacun séparément que la princesse avait été traînée devant les juges complètement évanouie. »

Cf. aussi Mémoires de M""» de Tourzel.

2. La critique des différentes relations qui ont été données de la mort de M""» de Lamballe nous entraînerait hors des limites de cette étude. C'est aussi bien un travail qui a été sommairement fait, mais bien fait, par M. Lucien Lambeau. Essais sur la mort de la princesse de Lamballe.

3. Il existe bien un rapport détaillé des massacres de la Force, mais ce rapport est daté du 2 septembre et ne parle pas de la mort de la princesse. Cf. Arch. nul. T ()04-(io.5. Extrait des procèsverbaux de la Commune de Pans.

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porte basse par où M""" de Lamballe était entrée à la Force. Ils passaient les premiers en criant : « Vive la jNation ! » Alors, les massacreurs, prêts au meurtre, abaissaient leurs armes, le peuple massé là criait : « Bravo ! bravo 1 ne frappez pas ! » ' On battait des mains, on embrassait celui qui venait d'être libéré et qui écbappait difficilement à la joie débordante avec laquelle il était accueilli ".

Dans le cas contraire, le président ordonnait simplement — et il semble bien que ce fût là un mot d'ordre ' — de conduire le prisonnier à l'Abbaye : « A l'Abbaye 1 à l'Abbaye ! » répétaient les égorgeurs qui poussaient le coupable dans le fatal guicbet. C'était un signal de mort. A peine

1. Souvenirs d'un vieillard publiés pai' G. Lenolre. Les Massacres de Septembre .

2. Cf. Mémoires de Weber : Souvenirs d'un vieillard; Mémoires de M"" de Tourzel ; Maton de la Varenne. Les crimes de Marat. . .

3. C'est ce qu'a fort bien discerné M. G. Lenotre : « Un des indices les plus frappants, écrit-il, dans les Massacres de Septejnbre, que les massacres ne furent pas dus à lexplosion d'une colère populaire mais qu'il faut y voir le résultat d'une préparation savante, d'une entente préalable, c'est que les juges de la Force... ne prononçaient point la sentence de mort en présence du condamné ; ils disaient seulement : Conduisez Monsieur à l'Abbaye... A l'Abbaye la sentence de mort était : Conduisez Monsieur à la Force... »

SEPTEMBRE 38l

sorti, le malheureux qui avait pu s'imaginer un instant qu'il allait être transféré dans une autre prison, était massacré, et son corps, dépouillé le plus souvent de ses vêtements, était jeté sur le monceau des cadavres qui, depuis le matin, s'accumulaient au coin de cette sinistre rue des Ballets et de la grande rue Saint-Antoine \

11 était un peu plus de midi quand, dans sa robe blanche, pâle comme son linge", à moitié évanouie dans les bras de deux hommes ^ qui la soutenaient, la princesse de Lamballe parut sur le seuil du guichet de la prison. Aussitôt, et sans qu'elle ait pu proférer une parole ', elle fut abat-

I. L'inconnu qui a écrit les Souvenirs d'un vieillard, M"« de Tourzel et Maton de la Yarenne sont d'accord pour avoir vu « ce monceau de cadavres ». « cette montagne de débris de corps » au bout de la rue des Ballets. (C'est l'endroit qui se trouve actuellement un peu au-devant du kiosque à voitures situé à l'extrémité du terre-plein planté dit Pointe-Rivoli et en face la maison qui porte actuellement le n" 1 1 1 de la rue Saint-Antoine. — Lambeau — ).

a. Cf. Restif de la Bretonne. Les nuits révolutionnaires .

3. Le 3 prairial an III, Gonord, accusé d'avoir mené parle bras la princesse de Lamballe à sa sortie de prison, fut relaxé sur une lettre écrite par Maignien, son accusateur. Arch. nat. A.Hj.

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