‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 80 sur 269 · Bonhomme. Le duc de Penlhièvre · texte numérisé non relu

Bonhomme. Le duc de Penlhièvre

4- Elle avait eu, comme on sait, une dot infime. Les revenus de cette dot ajoutés à ceux de son douaire ne formaient guère qu'une somme de 40.000 livres de rentes (Bibl. royale de Turin. Hériluii^e Lamballe, catégorie 107, «» 3 des papiers concernant les princes de Carignan). A cette somme, il est vrai, il fallait ajouter

I08 L\ PRINCESSE DE L\MBALLE

fallait-il encore qu'elle les exprimât. Ces questions d'intérêt, la différence de situation, d'âge, de goûts, d'opinions, les séparaient, faisaient qu'il devait y avoir en lui quelque chose de contraint qui réagissait sur elle d'une manière pénible.

Le duc de Penthièvre ressemblait à son cousin, le roi de France, et, comme Louis X\ , il était très timide et ne se livrait pas. Ainsi, et encore qu'il eût infiniment de bonté, il n'avait pas su inspirer de confiance à ses enfants et les moyens « trop sévères » ' qu'il avait employés envers son fils avaient, comme on sait, échoué misérablement. Aussi bien vivait-il à une époque où l'on ne comprenait point l'éducation comme de nos jours. Les parents, les princes surtout, se souciaient davantage d'inspirer du respect que de l'a-

la pension de Soooo livres dont jouissait le prince de Lamballe comme prince du sang et que le roi avait continuée à sa veuve [Gazette de Leyde. 20 mai 1768) : mais cette pension pouvait être retirée et, aussi bien, 90.000 livres de rente, sans capital aucun, ne constituaient pas une fortune importante pour une princesse du sang.

I. Notes historiques sur la famille royale, les princes du sang et les principales familles de France..., par le comte d'Espinchal, Manuscrit 32i de la Bibl. de Clerm.ont-Ferrand, f<" 20 et 21, obligeamment communiqué par M. Laude, bibliothécaire en chef.

RAMBOUILLET lOy

mour '. Il n'était pas admis qu'on se pût attarder en d'inutiles soupirs et les soucis des préséances, du rang, de la situation, passaient avant les tristesses et les inquiétudes du cœur.

M™" de Lamballe, n'ayant pas de confidente, pas d amie, était obligée de renfermer en elle tout ce qu'elle éprouvait. Cette contrainte, dont elle ne s'apercevait peut-être pas elle-même, influa sur sa destinée. jNul doute qu'elle n'ait ainsi contracté 1 habitude de « se peu mêler aux conversations » et de n'avoir d'autre opinion que la fidélité ". Elle ne semble pas avoir été impatiente de couper les liens dont elle était entourée, mais, ne voyant pas le sort qui lui était réservé, elle ne pouvait manquer d'être malheureuse et mécontente de vivre retirée. « Depuis son arrivée en France, elle n'avait eu que des larmes à verser » ^ C'était là toute sa vie : des sacrifices, des regrets, aucune joie que les vanités qu'elle jugeait si médiocres et auxquelles son beau-père la voulait attacher. 11 ne lui

1. Cf. Valeiy-Radot. Sentiments de famille [Revue Bleue, 4 juillet 1891).

Page 1