Mémoires de M'"» Campun
restait qu'à vieillir, ù vieillir dans la solitude et dans la tristesse avec 1 unique souvenir du dur calvaire qu'avait été son mariage.
Pourtant, elle était encore jeune ; elle était belle aussi et on le lui répétait ^ A quoi pouvait-elle songer dans ses promenades solitaires de Rambouillet ? Il n était pas possible quelle retournât en Piémont où ses parents, éloignés de la Cour, ne savaient quelle situation donner à leurs enfants ^. Elle aurait pu se remarier, mais, comme elle disait elle-même, « des préjugés de naissance empêchaient qu'elle se mariât de nouveau, sauf avec un prince, occasion qui se rencontre rarement » ^ Renoncerait-elle à ses biens, à son rang, pour épouser quelque gentilhomme qui l'aimât ? « l\ était difficile qu'exposée à tous les pièges d'une cour séduisante et galante, elle ne livrât pas son cœur à de tendres sentiments '' » . Allait-elle, comme tant de veuves de la Cour de France, vivre
1. Cf. La Galerie des dames françaises pour servir de suite à la Galerie des États Généraux, par le même auteur, Londres, 1790.
2. Cf. Arch. du ministère des Affaires étrangères. Italie, 247.