CHAPITRE XXIII
soixt ntri^is de madame des CRsnrs avant la bataille d'almanza.
Dci.is ces lettres de madame des Ursins, tout n'était pas consacré au bien de sa cause; elle y plaidait aussi celle de TEspagne. Dans celle du 20 décembre, elle appelait l'attention de madame de Maintcnon sur le manque d'argent qu'éprouvait le maréchal de Berwick, général des troupes françaises en Castille; sur la nécessité dune solde régulière, dans un moment où Ton avait besoin de tous les bras pour chasser l'ennemi du cœur de l'Espagne; sur l'arriéré enfin que leur devait Chamillard, et qu'il n'envoyait pas. « L'intendant français, M. Méliand, disait-elle, n'a reçu de « M. Chamillard, pour les renforts de la France, qu'un « mois de paye, de six qui sont dus, à 200,000 écus par « mois. M. le maréchal de Berwick ne sait comment faire. « II faudra que ses troupes désertent ou qu'elles pillent la « Castille, choses également préjudiciables et honteuses, « ou que le roi d'Espagne les maintienne. » A ce propos, elle parlait de l'état des troupes espagnoles, qui souffraient alors beaucoup moins que celles de France, et elle rendait juslice à Orry, qui avait amélioré les finances, de manière à pouvoir fournir à la subsistance de l'armée française elle-même. « Mais la seule chose toutefois que « pourra faire le roi d'Espagne pour cette armée, ajoutait- « elle, et qu'il fera, je crois, ce sera de donner provisoi-