‹ La princesse des UrsinsChapitre 109 sur 278 · SOUTIENT LES IMMUNITÉS · texte numérisé non relu

SOUTIENT LES IMMUNITÉS

dureté, le fameux différend de Boniface YHI et de Philippe le Bel, et avait tenu à en sortir victorieux. Rien n'est plus certain pourtant que son intervention en faveur du saintsiége, dans cette querelle espagnole des immunités ecclésiastiques. 11 n*était pas de son intérêt que tous les souverains de l'Europe fussent aussi maîtres qu'il Tétait devenu lui-même des biens et des personnes de leur clergé, ct^ s*il avait d'abord répondu, en père qui ne voit que le bienêtre de ses enfants, il n'était pas fâché, puisque d'ailleurs de bonnes raisons commandaient la modération, de pouvoir parler comme roi d'un Etat distinct de l'Espagne. Une de ses lettres à Amelot, qui était avant tout son ambassadeur, ne permet aucun doute à ce sujet. « Je « n'ai pu regarder d'abord, en cette occasion, que Tin- « térêt de mon petit-fils, dit-il; car il n'est d'aucun avan- « tage pour moi ni pour mon royaume, que les rois d'Es- « pagne reçoivent, indépendamment du pape, des dons « du clergé de leurs États, et, quoique la cour romaine « soit pei^saadée que je prétends introduire en Espagne « les maximes de France, il est de toute façon plus avan- « tageux à nies intérêts que mon royaume continue à ^ jouir ieul des prérogatives que f ai su conquérir \ » On le voit, il raisonnait ici à son point de vue de roi de France, pensant à Tavenir, aux démêlés, aux guerres peut-être qui s'élèveraient un jour entre deux pays, alors unis, mais qui pouvaient, après lui, redevenir rivaux. Elles sont rares les lettres où Louis XIV, dans les affaires d'Espagne, ne voit que lui, que son royaume, que sa nation. Celle-là nous en a paru d'autant plus curieuse, outre qu'elle révèle d'une manière intime la sagesse profonde de ce roi, qui savait que les successeurs de Philippe V, et Philippe Y lui-même, deviendraient tout à fait Espagnols,

* MaouscriUde la colleclion Noailles, 26* vol J 706, 4 juin.

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