CURIEUSE AFFAIRE DU COMTE DE PI.NTO
et prenait éventuellement ses précautions contre ses propres enfants.
A l'égard des grands, Louis XIV fut loin de recommander la même modération et laissa faire les conseillers de Philippe V. Leur impunité avait toujours été un des fléaux de l'Espagne ^ Le duc de Médina-Coeli, à rqHMpie où l 'Amirauté de Castille fut jugé et condamné à mort par contumace, s'était écrié : « On ne doit pas traiter delà « sorte des gens comme nous '. » Autre dynastie, autres principes. Ses marques d'impatience n'avaient pas arrêté le procès de ce traître fameux. Plus tard, on avait agi vigoureusement aussi envers le marquis de Léganez; on Tavait même prévenu, au lieu d'attendre, pour le frapper, qu'il se fût compromis davantage. Aujourd'hui, après une victoire, remportée en Espagne, comme le faisait remarquer madame des Ursins dans sa dernière lettre à Chamillard, après un succès d'un effet moral bien plus grand que tous les triomphes du dehors, Philippe V ne devait pas être moins ferme.
Quelque temps après Taflaire des immunités ecclésiastiques, le comte de Pinto, frère cadet d*un seigneur très-dévoué, du duc d'Ossone, blessa de son épée un cocher, qui, en passant, l'avait éclaboussé. Il ne faisait qu'imiter, le croirait-on? le bon duc d'Ossone lui-même. Ce seigneur, en effet, six ans auparavant, accompagnant Philippe Y en Italie en qualité de gentilhomme de la chambre, et se trouvant avec lui à Crémone, avait un jour demandé à Routier, valet de chambre du roi et frère de sa nourrice, une table pour tenir le Despaeho, Celui-ci avait répondu qu'il allait en parler à Tintendant Lafourrière, que cela regardait. Le duc d'Ossone s'était permis aussitôt de le frapper dans l'antichambre du roi, et, Routier
> Mém. de NoaUlei, i. III, p. 413, et t II, p. 345.— * /M.