‹ La princesse des UrsinsChapitre 111 sur 278 · D'APRÈS UNE LETTRE INÉDITE · texte numérisé non relu

D'APRÈS UNE LETTRE INÉDITE

S en étant plaint à Philippe Y, ce même seigneur le bailil de plus belle, au grand scandale de tous les Français, qui, soit en Italie, soit à Madrid, soit à Versailles, eurent connaissance de ce défi brutal jeté au pouvoir royale On ne punit pas le duc d'Ossone. On se contenta d'une explication qu'il adressa au roi sur sa conduite. Aussi le président de Castille, se souvenant de ce précédent d'indulgence, ne sévit-il point d'abord contrôle comte de Pinto, qui ne faisait que suivre, et même de loin, Texemple de son aine. Mais le roi n'en fut pas plutôt informé, qu'il blâma sévèrement ce magistrat, fit arrêter le comte de Pinto et ordonna qu'on instruisit son procès. La justice aurait suivi son cours, à la grande joie du peuple de Madrid, si le cocher n'eût été assez promptement guéri de sa blessure. En ce cas Philippe V, supplié par les amis de ce seigneur, voulut bien regarder sa détention de quelques jours comme une expiation suffisante ; il vit d'ailleurs que la nouveauté de la mesure, pour un délit de ce genre, rendait la leçon plus sensible : il le fit donc remettre en liberté. Le comte de Pinto, accompagné de son frère, se hâta de venir en remercier le roi; mais en même temps, ne pouvant soutenir Tidée d'avoir été ainsi humilié pour un acte de violence, selon lui si banal, et commis non envers un de ses égaux, mais envers le dernier de ses semblables, il résigna tous ses emplois entre les mains du secrétaire du Despacho. Le duc d'Ossone, plus spécialement gardien de l'honneur de sa caste et de sa famille, en qualité d'ainé, en fit autant.

Au degré de force où l'avait élevé la bataille d'Almanza, Philippe V crut qu'on lui tiendrait compte d'un bon procédé. Que fit-il? il rappela les deux seigneurs mécontents, refusa leur démission, et ajouta qu il ne vou-

* Dépôt de la guerre, n- 1600, 1702, CXXIV Icllre, 17 juillet. Général ■oDtfiel à Chainillard, Crémone.

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