‹ La princesse des UrsinsChapitre 112 sur 278 · AFFAIRE DU COMTE DE PI5T · texte numérisé non relu

AFFAIRE DU COMTE DE PI5T

lait pas renoncer à avoir pour serviteur des hommes dont l'un, pour avoir encouru sa juste sévérité, n'avait pas moins, aussi bien que son noble frère, toute sa confiance.

Il les gagna, disent les Mémoires du maréchal de if cailles, sans faiblir ni se démentir, et il put s'attribuer tout le mérite de cette conquête en racontant cet incident à Louis XIV ^ Cela était vrai quant au duc d'Ossone, qui, étant moins en cause, pouvait croire qu*il avait assez rempli un certain devoir de solidarité fraternelle. Mais, avec le comte de Pinto, pour qui Taffront était direct et plus pei'sonnel, il fallut plus que cela et plus que le roi pour le décider à garder ses emplois et le préserver ainsi des tentations qu'un ressentiment non apaisé pourrait lui suggérer, dans une retraite prématurée. Philippe V ne savait pas tout ce qui se passait dans les antichambres, ni les efforts multipliés de ses serviteurs, pour amener les soumissions qu'il croyait seul obtenir. Il était par luimême peu redouté : son caractère irrésolu, sa bonté crédule et son esprit médiocre pouvaient-ils en rien eflrayer? S'il semblait craint parfois, il ne l'était que par madame des Ursins, qui, seule, malgré Téloge que nous lui avons vu faire du changement de ce roi, le maintenait à cette hauteur de volonté et d'initiative apparente, où il devait se placer. C'est même là ce qui irritait les seigneurs : ils avaient précisément en lui, nonobstant son origine et les traditions de sa race, Thomme qu'il fallait pour les laisser tumultueusement agir et gouverner comme sous les derniers rois autrichiens; et à cause d'une ùtraD' gère, d'une femme de caractère et d'esprit, d'une intrigante, comme ils rappelaient, moitié italienne et moitié française, ils étaient obligés, de gré ou de force, de trat

* M/m. de KoaiUes, p. 4i2, 4i3, t. HI.

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