‹ La princesse des UrsinsChapitre 118 sur 278 · DE RENONCER A TOUT. 2UÎ · texte numérisé non relu

DE RENONCER A TOUT. 2UÎ

lune, et ébranlé par la manifestation du mécontentement public. 11 parait d'ailleurs que la négociation auprès du duc de Savoie ne fut pas suivie avec assez de secret*, Victor-Amédée resta donc fidèle à la Grande-Alliance, et Ix)uis XIV, persistant dans des intentions qui étaient la principale cause de ce fâcheux résultat, et qu'on peut appeler pusillanimes, si elles étaient bien sincères, écrivit à son petil-lils qu'il n'était plus en état de l'aider en Espagne, ot que, puisque les alliés consentaient à lui laisser l'Italie et les îles avoisinantes, il l'engageait à se contenter provisoirement de ces quelques États. I-a princesse des Ursins fut outrée de ces propositions, ainsi que la jeune reine, dont le caractère énergique avait tant d'affinité avec le sien; et, comme Philippe V, ennuyé de tant de difficultés, paraissait n'être pas éloigné d'y adhérer, ou même de renoncer à tout : « Eh quoi ! sire, osa-t-elle lui dire, êtes- « vous prince, êtes-vous homme, vous qui faites si peu de (c cas de la souveraineté, et qui avez des sentiments plus « faibles qu'une femme*? » Belles paroles, s'il en fut jamais, et qui, jointes seulement à ce que nous avons pu rapporter jusqu'ici, suffiraient pour présenter madame des Ursins comme une des femmes les plus illustres parmi celles qui ont eu part au gouvernement des peuples.

* I^Ures dtfiItz-Morilz, 6* livre des Mémoires, p. 233 — * Hist. secrète de la cour de Madrid, année 1709, p. 201 .

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